Parce qu’entre film d’aventure et drame humanitaire, le film choisit de ne pas choisir son camp, éclairant par la fiction une réalité tragique appelée à se répéter.
Parce qu'Icíar Bollaín a commencé sa carrière comme actrice chez Ken Loach, une influence qui se retrouve dans son engagement et sa façon d'aborder des sujets d'actualité.
Un film d’animation chatoyant et bouleversant, relatant l’histoire d’amour orageuse d’un pianiste et d’une chanteuse cubaine, pris dans les filets de leur passion et de la grande Histoire.
La rencontre improbable et romantique de deux solitudes, celle de Stefan, ouvrier roumain, et de Shuxiu, une chercheuse en botanique, au fil d’une errance éthérée à travers les marges de Bruxelles, entre friches et zones industrielles.
Le réalisateur de Drunk et Festen livre ici l’un de ses films le plus expérimental et personnel. En suivant des quadragénaires à la recherche d’autres modes de vie, il capte, sur le vif, des performances d’acteurs incroyables.
De Kevin Roger, Camille Chaix, Hugo Jean, Juliette Jourdan, Marie Pillier, Dace Riduze, Edmunds Jansons
Trois courts-métrages dans l’esprit de Noël, qui allient la tendresse et le merveilleux. La variété des techniques d’animation (images de synthèse, poupées animées et dessin animé traditionnel) fait de ce programme un concentré de créativité et de poésie.
Porté par Stefano Accorsi mais surtout la jeune (22 ans) Ginevra Francesconi, ce long-métrage dérangeant décortique le parcours d’une adolescente ayant commis l’impensable.
Adaptation cinématographique d’un chef d’oeuvre du théâtre contemporain italien par sa propre autrice et metteur en scène, Emma Dante. Un hommage vibrant à la féminité dans une société patriarcale.
Entre rancoeurs et redécouverte, Les éclats et ses retrouvailles forcées d'un couple séparé de longue date font l'émouvant bilan d'une relation conjugale.
Parce que c’est une oeuvre étouffante sur l’amour maternel poussé à l’extrême, avec un Prix d’interprétation féminine à la Mostra de Venise bien mérité.
Danny Boyle transforme le film de braquage en un thriller labyrinthique imprévisible. Le réalisateur limite ses effets de mise en scène et laisse ainsi la part belle à son trio d’acteurs au charisme hypnotique.
Pour son premier long-métrage, Jonathan Glazer livre un film de gangsters que n’aurait pas renié son compatriote Danny Boyle. La mise en scène, rythmée de séquences hallucinées, fait la part belle à des personnages attachants de truands usés.
Avec Que Dios nos perdone, Rodrigo Sorogoyen relate la traque d’un tueur en série pas tout à fait comme les autres. Une œuvre radicale, qui fait exploser l’immense talent du réalisateur sur la scène internationale.
En retraçant les débuts, dans le Oslo des années 1990, de Mayhem, groupe de black metal norvégien controversé, ce biopic réalisé par le batteur originel d’une autre formation fait le pari de la fidélité historique et du souci du détail.
Présent dans toutes les scènes, Antonio de la Torre porte EL REINO sur les épaules. Le réalisateur Rodrigo Sorogoyen lui colle aux basques et transforme son pamphlet politique en véritable thriller immersif. Tout simplement un néo-classique.
Matteo Garrone, l’auteur de Gomorra, revient à la tragédie criminelle avec ce portrait d’un personnage atypique qui, derrière son allure de freluquet et son regard candide, cache des ressources insoupçonnées.
L’irrévérencieux Stephen Frears nous plonge dans l’intimité de Buckingham Palace, nous révélant avec précision les arcanes d’une monarchie assiégée par la modernité : une tour d’ivoire où Helen Mirren domine en reine Elisabeth II digne et fragile.
Digne héritière de Ken Loach, Charlotte Regan raconte sans misérabilisme la rencontre inattendue entre un père et sa fille. L’imagination de la petite Georgie contamine la mise en scène et place, avec délicatesse, le film entre drame et comédie.
Stephen Frears trouve l’équilibre entre le road movie et la charge anticléricale. Émouvants et drôles, Judi Dench et Steve Coogan forment un duo attachant, aussi bien dans la quête de la vérité que dans leurs débats nuancés sur la justice et la foi.
Seule incursion de Danny Boyle dans le film familial, Millions est bouillonnant d’énergie. Le cinéaste est fidèle à son style dynamique et inventif. Il affiche son goût pour la fable morale, qu’il développera plus tard dans Slumdog millionnaire.
Morgan Matthews transpose son regard de documentariste dans une fiction lumineuse sur l'autisme. Ce récit d'apprentissage évite les clichés grâce à une mise en scène sensorielle, capturant avec brio la poésie des mathématiques.
Refusant toute angélisme, le biopic d'un artiste lourdement handicapé reste la double révélation d'un cinéaste, Jim Sheridan, et d'un acteur exceptionnel, Daniel Day-Lewis.
Modèle absolu de la rom-com britannique, le film de Mike Newell brille par son écriture ciselée et son flegme irrésistible. Hugh Grant s’y révèle comme le summum du charme so british, quand le sourire d’Andie McDowell fait fondre les cœurs les plus gelés.
Stephen Frears ressuscite avec élégance l’esprit du music-hall des années 1930, à dessein de moquer l’hypocrisie morale de l’Angleterre d’alors. Une pétillante Judi Dench y célèbre la légèreté comme la meilleure forme de résistance à l’adversité.
Portrait d'une plus célèbres poétesses américaines, Emily Dickinson A Quiet Passion est surtout une fiè-vreuse ode à la rébellion aux conventions et aux injonctions.
Cette chronique joyeuse et enjouée fait le pari fou de ne tenir que sur son personnage principal, la singulière Poppy, aussi charmante qu’agaçante. Le cinéaste Mike Leigh apparaît au meilleur de sa forme avec un dispositif simple mais maîtrisé de bout en bout.
Sorti en 2008, [REC] a fait l’effet d’une petite bombe venue d’Espagne, tant on n’avait pas eu aussi peur depuis longtemps dans une salle de cinéma. Le film a relancé le genre de l’horreur en found footage un an avant le premier Paranormal Activity.
De l’histoire vraie d’Aron Ralston, Danny Boyle tire un survival haletant et philosophique. Il plonge James Franco au cœur de la beauté écrasante du désert américain, où l’acteur livre une performance magistrale qui explore le vertige de la solitude.
Pour dépeindre l’éveil à soi d’une adolescence asphyxiée par son éducation puritaine, le cinéaste Joachim Trier opte pour un conte initiatique, ponctué de séquences oscillant entre poésie éthérée et cauchemar intense.
Joachim Trier revient à son premier amour, Oslo, matinant son art de saisir les existences funambules d'une dose d’ironie inédite. Un rôle flamboyant offert à l’actrice Renate Reinsve, prix d'interprétation à Cannes 2021.
Mêlant film d’espionnage et poésie visuelle, Albert Serra livre une singularité vénéneuse et hallucinatoire. Benoît Magimel se noie dans les simulacres pour y déployer tout le magnétisme éthéré de son interprétation, auréolée d’un César en 2023.
Véritable tour de force esthétique, narratif et technique, Le Fils de Saul apporte un peu d’humanité et de lumière au cœur des plus insondables ténèbres. Porté par une mise en scène immersive, le film documente l’horreur sans voyeurisme.
Parce que les deux jeunes acteurs belges qui incarnent les deux réfugiés africains (les rôles principaux ) n'avaient jamais joué la comédie auparavant.
En rupture de tueurs en série et de politiciens corrompus, Rodrigo Sorogoyen aborde ici le versant solaire de sa filmographie. Madre est un drame tour-à-tour puissant et sensible, porté par Marta Nieto, bouleversante de justesse.
Quatre ans de la vie de Karl Marx, recouvrant la période déterminante où il se plongea dans l’écriture du Capital, le livre qui devait bouleverser pour toujours les équilibres politiques.
Fatih Akin arrange avec maestria cette odyssée vengeresse, de son entame brutale et douloureuse aux scènes de procès glaciales et chorégraphiées. Le film ne perd jamais de vue la tempête d’émotions qui agite une déchirante Diane Kruger.
Pour son premier film, Milena Aboyan suit une jeune kurde déchirée entre sa culture d’origine et la modernité de l’Allemagne dans laquelle elle vit. Et la réalisatrice arménienne cumule virtuosité de mise en scène avec profondeur du propos politique.
Le quartier londonien de Somers Town se trouve à deux pas de la gare de Saint Pancras, c'est pourquoi la compagnie Eurostar, qui relie l'Angleterre et la France en train, a participé au financement du film.
En filmant au plus près des mouvements de sa jeune héroïne, Eva Riley dépasse l’horizon sociologique pour faire de la gymnastique un moteur vital : un corps indocile impose sa pulsation et ouvre sur un véritable élan de liberté.
Chronique des étapes d'une vie, Il Colibri compose le puzzle d'un homme en construction. Une saga existentielle invoquant le meilleur du cinéma italien : aussi dense que doux-amer.
Mia Madre est une méditation bouleversante sur la mortalité. Nanni Moretti l’orchestre comme une subtile partition de rires et de pleurs, louvoyant entre les souvenirs mélancoliques et le tournage comique d’un film comme exorcisme de la réalité.
Plongée dans le huis-clos d’un foyer pour mères adolescentes géré par des religieuses, un film grave et délicat sur le dialogue complexe entre des conceptions de la féminité et du devoir bien différentes.
Alessandro, paranoïaque et épileptique, compte parmi les enfants d'une famille nombreuse que les tares congénitales n'ont pas épargnée. Il nourrit pour son frère Augusto une admiration sans bornes et pour sa soeur Giulia un amour coupable.
L'histoire d'Elena racontée à travers ses amours adolescentes, ses larmes, ses petites révolutions, ses feux de joie sur la plage dans les années 1990...
Fortunata, coiffeuse à domicile, se démène pour élever sa fille convenablement et échapper à un ex-mari brutal. Son rêve ? Ouvrir son propre salon de coiffure.
Paul Verhoeven dynamite la comédie de mœurs grinçante avec cette œuvre transgressive qui vire au thriller psychologique. Entre ironie mordante et mise en scène chirurgicale, il offre à Isabelle Huppert un rôle de prédatrice sociale inoubliable.
De retour aux Pays-Bas après son exil hollywoodien, Paul Verhoeven retrouve sa verve légendaire en tournant Black Book – la romance entre une résistante juive et un officier SS – dans le style des fresques romanesques d’antan. Fortement subversif.
XIXe siècle, en Allemagne. Une jeune femme contrainte d'accepter un mariage de raison s'éprend d'un officier, mais sa liaison finit par être découverte.
Portraitiste acéré des rapports de classe, Rainer Werner Fassbinder décrit la chute d’un couple miné par l’argent. Un film cruel et sarcastique, d’autant plus émouvant que Fassbinder joue lui-même l’amant trop sensible.
Fan des mélodrames hollywoodiens des années 50 par Douglas Sirk (Tout ce que le Ciel permet), Rainer Werner Fassbinder en transpose l’esprit déchirant, mais en Allemagne. L’histoire d’un maraîcher incompris, racontée avec tendresse et lucidité.
Le sommet de la collaboration entre Rainer Werner Fassbinder et Hanna Schygulla produit un mélodrame féministe et politique. Le destin d’une ambitieuse devient une puissante allégorie de l’Allemagne après-guerre.
Dans un futur immédiat, une équipe de chercheurs tente de simuler des événements politiques qui pourraient se produire. Or, le directeur du labo se suicide.
Les doutes de Stiller se confirment quant au suicide du professeur Vollmer. L'équipement sophistiqué que constitue le simulacron pourrait menacer l'humanité.
Rainer Werner Fassbinder adapte sa propre pièce, magnifiant visuellement son huis-clos exclusivement féminin. Une dissection sans merci des passions, de la vérité des sentiments et de l’oppression que l’on accepte par amour.
Rainer Werner Fassbinder fait sa Nuit Américaine à la François Truffaut : un film sur le tournage d’un film, qui mesure tout le prix personnel à payer pour son art. Un captivant portrait de troupe, rêvant d’une utopie du vivre et travailler ensemble.
Rainer Werner Fassbinder transpose en Allemagne la trame du mélo classique hollywoodien Tout ce que le Ciel Permet. Un amour interracial impossible y est le coeur battant du film le plus beau, simple et accessible du cinéaste.
En voulant sauver une petite fille, un ange se transforme en homme et découvre la vie terrestre, ainsi que toutes les subtilités des relations humaines.
Au Portugal, dans un hôtel dévasté, on tourne le remake d'un film de science-fiction des années cinquante. Mais le producteur disparait sans laisser d'argent...
Le Géorgien Veit Helmer signe un poème cinématographique sans paroles, niché dans les montagnes géorgiennes. Une comédie visuelle inventive qui réinvente le burlesque pour filmer une parade amoureuse aérienne d'une grâce aussi cocasse que délicate.
Parce que des compagnies japonaises ont refusé de travailler sur les séquences d'animation du film, en raison de sujets (le mal-être adolescent et le suicide) trop sensibles dans leur pays.
En partant du procès qui lui a inspiré sa théorie de La banalité du Mal, Hannah Arendt fait le portrait d'une des plus importantes philosophes du XXe siècle.
Entre drame social et film noir, Blaga’s Lessons use d’une mise en scène aussi nerveuse qu’incisive pour cartographier le deuil, y situant une lutte viscérale entre l’intime et le politique.
Parce que ce film finlandais aborde un sujet peu traité au cinéma : le polyamour, ou la capacité à avoir plusieurs relations "sérieuses" en même temps.