Pourquoi avoir choisi Il était une fois le Bronx pour faire vos débuts de réalisateur?
J'avais envie de réaliser depuis un moment. Il me fallait toutefois un scénario qui me plaise, qui ait quelque chose de spécial. Puis j'ai vu le one-man show de Chazz Palminteri à Los Angeles. La pièce avait une authenticité incroyable.
Le film est dédié à votre père...
Oui, celui-ci est décédé l'année dernière. Le temps passe, et j'ai envie de faire des choses qui aient une certaine densité dans ma vie. En fait, j'étais en attente d'un événement qui me pousserait à passer à la réalisation. J'attendais, rien ne se passait. Puis je me suis dit : allons-y.
Ce fut difficile?
Oui et non. Je m'attendais à ce que la mise en scène soit un exercice tellement difficile en soi, que j'ai tout pris avec une sorte de fausse décontraction. Il fallait respecter le planning et, franchement, le budget était maigre, mais je savais que le bus arriverait au bout. Le plus dur a été de résister à l'envie de se concentrer sur le petit détail qui se met à vous obséder... Il faut avancer.
Pourquoi ne pas vous être réservé le rôle principal?
Parce que je ne savais pas, au début, comment tout allait se passer. Je ne voulais pas que tout dépende uniquement de moi. Il me fallait ménager du temps pour les problèmes matériels, comme le nombre de figurants ou la bonne clé à molette pour une grue... Les petites choses matérielles qui font partie de la folie d'un film.
On dit qu'il faut éviter de travailler avec des enfants ou des animaux.
J'adore travailler avec les enfants. Il faut garder un oeil sur eux, rester concentré. Mais ils ont une spontanéité qu'on ne trouve pas chez les adultes.
Beaucoup de vos acteurs ne sont pas des professionnels. C'est étrange de la part d'un comédien professionnel.
Ce film est une fable, je voulais qu'il ait un aspect aussi réel que possible, par opposition. Il y a des acteurs professionnels, mais seulement ceux qui sont issus de ce milieu, et qui comprennent de quoi il s'agit, comme Joe Pesci. Lillo Brancato, par exemple, est un gamin que nous avons trouvé sur la plage... Le Voleur de bicyclette a été joué par des non-professionnels.
Pourquoi être acteur, réalisateur et producteur à la fois?
Je voulais m'alléger la tâche, et j'ai pensé que ce serait plus facile si je jouais le rôle de Lorenzo, le père. Je me suis pas mal préparé. J'avais Chazz qui me conseillait et mes collaborateurs qui me donnaient leur avis. On a enregistré les essais sur vidéo, et on a regardé. Mais j'avoue que je n'ai pas regardé tous les essais me concernant. A la fin, j'ai juste dit : ça y est, j'y suis.
Palminteri estime que vous avez une compréhension innée de ces personnages, de leur milieu, de leur quartier.
En effet. J'ai connu des personnages semblables, j'ai fréquenté des gens qui leur ressemblaient. Il y a des tas de choses, dans ce film, qui me sont très proches...
La bande musicale est particulièrement riche.
Oui, on a pris pas mal de musique des années 50 et 60. C'est la bande-son qui donne le sentiment que le monde change. En 68, par exemple, le son n'est pas le même, alors que le Bronx change peu. J'ai beaucoup suivi les radios rock depuis un an, et à chaque fois qu'un air me semblait convenir, je notais le titre.
Vous ferez d'autres films?
Très certainement. Avec Chazz Palminteri, on travaille déjà sur une ou deux idées.