Laurent Lucas

"Dans un premier temps, pour le rôle d'Alain, je m'étais interdit de penser à Laurent Lucas parce qu'il avait déjà joué dans Harry..., et que je me disais un peu bêtement qu'il fallait changer de comédiens à chaque film. Mais petit à petit, Laurent s'est à nouveau imposé dans ma tête. Chez Laurent, il y a toujours une force qui se dégage, une force tranquille. Sa manière d'encaisser les coups qu'il se prend fait qu'on ne tombe jamais dans la victimisation. Il rend parfaitement le côté assez droit de son personnage, d'une nature candide qui l'empêche de prendre conscience et formuler trop vite tout ce qui lui arrive."

André Dussollier

"Depuis Mélo d'Alain Resnais, j'ai toujours eu envie de travailler avec André Dussollier, et j'ai tout de suite pensé à lui pour le personnage de Pollock. Je me souviens lui avoir dit que son personnage était un homme débarrassé de tous complexes. André a été emballé, " Ah, c'est formidable, enfin un homme sans complexe !" Je me régalais de voir avec quel plaisir il s'emparait de son rôle."

Charlotte Rampling.

"Je savais qu'elle allait magnifier cette alliance de séduction, de trouble et de détresse qu'exigeait le personnage d'Alice. Elle l'a abordée frontalement, sans jamais se soucier de son apparence physique pour interpréter cette femme en crise. Elle lui donne une attraction et une vulnérabilité bouleversante. Le fait de cacher son regard légendaire derrière des lunettes noires pendant toute la scène du dîner l'amusait beaucoup. Nous lui avons également proposé de rallonger ses cheveux pour accentuer la fragilité de son personnage et pour rapprocher sa silhouette de celle de Bénédicte."

Charlotte Gainsbourg

"J'ai découvert chez elle un mélange de fragilité et de grande force qui convenait parfaitement au personnage de Bénédicte. Son rôle était compliqué parce qu'il est souvent sur la tranche. Il fallait en permanence se poser la question jusqu'à quel point elle était censé être elle-même ou sous l'emprise d'Alice. Charlotte a réussi à faire exister avec une grande sobriété quelque chose de troublant et d'extrêmement ambigü. Il y a une certaine parenté entre les deux Charlotte, leur silhouette élancée, leur origine anglo-saxonne, leur jeu tout en retenu, tout cela convenait parfaitement à l'idée qu'elles interprètent deux personnages qui n'en deviennent qu'un. Il va sans dire que le fait qu'elles aient le même prénom n'était pas pour me déplaire."