Musique
"J'ai demandé à David [David Whitaker - né en 1931; musicien de nombreux films fantastiques et d'horreur de série B dans les années 60 et 70 - Le Cirque des vampires, Lâchez les monstres, Docteur Jekyll et Sister Hyde.... Il est nommé aux César en 2001 pour sa partition de Harry, un ami qui vous veut du bien, le deuxième long-métrage de Dominik Moll] de composer une musique presque suspendue, flottante, quasiment sans mélodie, pour accentuer le sentiment d'incertitude qui plane sur le film. Ses orchestrations sont magnifiques et amènent une couleur très particulière au film."
"Le Beau Danube Bleu est la première chose qui m'est venu à l'esprit lorsque je me suis demandé ce qu'Alain pourrait chantonner sous la douche. Après il me semblait logique de le réutiliser au moment où le couple roule vers la montagne, à un moment où tout semble être rentré dans l'ordre, pour rappeler l'idylle du début du film. J'avoue que j'avais un peu peur qu'on me reproche la connotation à Kubrick, mais ça fonctionnait tellement bien que je me suis dit "et merde !"..."
"Le Continuum de Ligeti qu'on entend sur la scène du meurtre m'a accompagné dès l'écriture du scénario. Là encore il s'agit d'une histoire de contrôle. C'est un morceau pour deux pianos mécaniques, frénétique et répétitif, paraissant complètement débridé et hors contrôle, alors que les deux pianos sont pilotés par ordinateur, c'est de la musique purement mécanique, il ne peut donc pas exister quelque chose de plus contrôlé ! Ce contraste me plaisait beaucoup par rapport à la thématique du film."
Son
"Le travail sur le son me passionne. Avec Gérard Hardy, le monteur son, nous avons travaillé dans le sens de la précision. Ce travail était assez délicat, car plus la bande son est dépouillée, plus le moindre évènement sonore qu'on rajoute prend de l'importance, comme le bruit de la machine à café qui ponctue les silences pendant la conversation entre Alice et Bénédicte. Au milieu de cette bande son assez épurée, les scènes chargées en sons comme la découverte des lemmings dans la cuisine, avec ses milliers de petits cris, prennent encore plus de poids, deviennent encore plus cauchemardesques."
Lumière
"Elle est signée Jean-Marc Fabre. Je voulais une lumière d'une grande clarté pour les extérieurs, toujours dans le sens des toiles de Chirico, avec une géométrie carrée, des murs blancs pour le pavillon d'Alain et Bénédicte, lieu des fantasmes. On a tourné dans le Sud pour que ce pavillon avec jardin soit baigné de lumière. La météo n'était pas toujours de notre côté, mais elle nous a apporté un autre élément, le vent, qui est assez présent dans le film et qui amène un souffle d'irrationnel qui s'immisce dans ce paisible quartier résidentiel. Comme quoi ça peut être bénéfique que certaines choses nous échappent et que l'on ne contrôle pas tout !"