" Un petit coin de paradis aura été le premier film dans lequel je pouvais me conduire de manière tout à fait différente : une fille en haillons, coiffée avec des nattes, pauvre bougre de surcroît. Josef Von Baky a été sensationnel. Ce film est formidable. Il me sort complètement de mes rôles habituels, au point que les distributeurs tremblaient, de peur d'avoir produit un four noir, sous prétexte que je cessais de personnifier une impératrice de contes de fées, virevoltant au milieu d'un étalage de luxes et de splendeurs éclatantes. Je pense au contraire, que si je devais me révéler incapable de changer de registre, je pourrais mettre la clé sous la porte. Je l'ai toujours dit et répété: si je ne suis capable de jouer que les princesses et les impératrices, cela n'a aucun intérêt. Il n'y a d'ailleurs pas tellement d'impératrices que je puisse faire revivre. Il faut bien que je puisse jouer autre chose."
"Mon nouveau film sort tout à fait des sentiers battus. C'est plus fort que moi, ce travail me comble d'une telle joie, que j'en ai perdu toute autre considération. Tandis que je travaillais Un petit coin... j'avais le sentiment que tous les autres films n'avaient eu d'autres intérêts que de concourir à la préparation de celui-ci. Je suis parvenue au point où je sais comment les choses doivent se poursuivre. A cela près que les souhaits ou les exigences des producteurs et des distributeurs ne s'harmonisent pas forcèment avec les miens. Si l'on doit admettre que le temps écoulé jusqu'à cette production aura été ma période d'apprentissage, alors Un petit coin de paradis peut être considéré comme mon épreuve de compagnonnage."