Dans un format carré, en noir et blanc, et d'une durée légère d'à peine plus d'une heure, La Vida util impose en douceur sa fantaisie secrète : et si vivre sa vie, c'était s'inventer comme héros d'un film ? Le cinéaste a engagé un critique comme acteur et multiplié les allusions aux chefs-d'oeuvres du 7e art (Stroheim, Murnau...).
Mais ne rien en savoir, c'est déjà sourire avec le héros de cet étrange décalage qui lui fait ressentir le quotidien comme un fantasme où la poésie n'est qu'un simple mouvement prosaïque du temps qui passe, en 24 images/seconde, accélérés et ralentis compris.
Philippe Piazzo
En exclusivité sur Universciné : La Vida util : l'art de mentir ?
" Dans le film, explique Federico Veiroj, le discours de Jorge a été écrit par Mark Twain (« Sur la décadence de l’art de mentir »).
Je ne sais pas de quand date ce discours mais il l’a prononcé devant des étudiants d’université. Je voulais que le spectateur ait la sensation que Jorge est peut-être en train de réciter un dialogue d’un film, ou peut-être quelque chose d’autre, et j’aimais l’idée que c’était comme improvisé, comme un acteur qui essaye de se souvenir d’un monologue, mais n’y arrive pas.
J’aime cette sensation dans ce genre de situation ! Parce qu’une fois qu’il a énoncé le texte, vous vous laissez embarquer par ce qu’il dit. Cela parle aussi de sa propre vie, du fait qu’il est en train de mentir à ce moment précis, mais que le cinéma lui aussi ment, ce qui nous ramène à la première partie du film (lorsque Frank Norris, l’auteur des Rapaces d’Erich von Stroheim, parle de la vérité) qui est une partie quasi documentaire, quelque chose de l’ordre du témoignage alors que la seconde partie s’ancre d’avantage dans la fiction, plus mensongère."
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