SOONER
 
 
Depuis près de 30 ans, Carlotta Films, distributeur emblématique de films de patrimoine, fait revivre les œuvres du passé avec la passion de la transmission. Désormais accessible sur UniversCiné, Le Vidéo Club Carlotta Films propose une traversée idéale du septième art, mêlant classiques incontournables, œuvres cultes et perles rares. Idéale pour parfaire sa cinéphilie, la collection permet de porter un regard riche sur l’histoire du cinéma mondial à travers les époques.
Parmi les grands classiques, cette sélection met à l'honneur les chefs d’œuvres du maître japonais Yasujirō Ozu, dont la filmographie traverse le XXe siècle et l’évolution des techniques cinématographiques, du muet au parlant, du noir et blanc à la couleur. Le cinéma européen n'est pas en reste, avec La Taverne de la Jamaïque, ultime film britannique d’Alfred Hitchcock ; les quatre premiers longs-métrages de Miloš Forman, figure emblématique de la Nouvelle Vague Tchèque ; ou encore les fresques colorées et percutantes de l’Allemagne de Rainer Werner Fassbinder, cinéaste majeur au style inimitable.
Du documentaire à la fiction, de nombreux genres trouvent leur place dans cette collection éclectique : arts martiaux, westerns, films d’aventure ou encore cinéma fantastique et d’horreur. Le cinéma de genre y brille particulièrement, avec des œuvres marquantes comme 4 Mouches de velours gris de Dario Argento, le quatuor déjanté de Frank Henenlotter – dont le féministe Frankenhooker –, ou encore L’Échine du diable de Guillermo del Toro.
 
 

LA REPUBLIQUE FASSBINDER D'ALLEMAGNE

Par où commencer avec Rainer Werner Fassbinder (1945-1982)? “Ogre”, “enfant terrible” (titre d’un biopic qui lui est consacré en 2021), “Balzac allemand”, “l’ennemi de tout le monde”, “personnel et politique” : voilà les épithètes. Il y a aussi les chiffres : une quarantaine de films réalisés sur quinze ans (productivité impensable de nos jours), mais aussi deux séries télé et des mises en scène de théâtre. Une productivité unique dans le cinéma germanique et mondial, qui accoucha d’un univers – Fassbinder parlait de la “maison” bâtie par l’ensemble des films – à la fois divers et cohérent, parcouru par la même troupe d’acteurs (Hanna Schygulla mais pas que, et tous les autres) qui lui donne une étrange familiarité.

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Le Petit Fugitif (Ruth Orkin, Morris Engel, 1953)

Le Petit Fugitif est une œuvre fondatrice du cinéma indépendant américain, réalisée par un trio singulier : l’écrivain Ray Ashley et les photographes Ruth Orkin et Morris Engel, qui y insufflent leur pratique de la photographie de rue. Tourné en décors réels avec 30 000 dollars et un prototype de caméra portative à hauteur d’enfant, le film épouse le regard de Joey, 7 ans, en fugue car persuadé d’avoir tué son frère en jouant avec un fusil. Présenté au Festival de Venise en 1953, où il est salué par André Bazin et auréolé du Lion d’Argent, Le Petit Fugitif devient une influence pour la Nouvelle Vague française et inspire François Truffaut pour Les Quatre Cent Coups. 70 ans plus tard, Le Petit fugitif, possède toujours une aura unique.

 

 

 

 

                          Jeanne Moreau, cinéaste

Dans le tourbillon de la vie, Jeanne Moreau fut une icône, Jeanne Moreau fut une actrice, mais Jeanne Moreau fut aussi une réalisatrice. UniversCiné met en lumière le travail méconnu de metteuse en scène de cette immense figure du cinéma français,  avec ses trois longs métrages : Lumière, Lillian Gish et L’Adolescente. Trois objets rares restaurés par Carlotta Films et présentés au Festival Lumière en 2022. Portraits de femmes variés, récits initiatiques, tant sous forme documentaire que fictionnelle, cette trilogie malgré elle est une exploration de Jeanne Moreau par Jeanne Moreau, femme et actrice. « Puisque tu veux être réalisatrice, tu vas être réalisatrice » lui dit un jour Orson Welles : découvrez ainsi le rôle le plus secret de Jeanne Moreau, dès maintenant dans l’abonnement.  

 

 

The Last Movie (Denis Hopper, 1971)

Après son premier film devenu culte Easy Rider, Dennis Hopper essuie plusieurs refus de majors du fait de sa réputation de réalisateur imprévisible. C’est finalement Universal qui lui offre financement et liberté artistique pour son second opus. Avec un budget modeste, inférieur à un million de dollars, Hopper entend livrer une œuvre âpre et métafictionnelle, explorant les dérives d’un tournage de western. Mais la réalité dépasse la fiction. Les fêtes et les excès lors de la production créent des tensions avec Universal, qui désavoue le film et le retire de l’affiche deux semaines après sa sortie. Un échec commercial et critique, qui présage le déclin du Nouvel Hollywood. Objet maudit, film expérimental, The Last Movie n’en demeure pas moins un puissant témoignage de la portée politique du cinéma de Dennis Hopper et une violente diatribe contre le système hollywoodien qui permit sa création.