" C'est le récit de la vie mouvementée de l'octogénaire Alice Gimes, ma mère, que tout le monde appelle Lucy...", dit le réalisateur.

Une vie clivée : une moitié en Hongrie, l'autre en Suisse. Une moitié dans la réalité, l’autre dans le rêve pour pouvoir supporter la réalité. Depuis la fin de la guerre froide, Lucy Gimes retourne régulièrement en Hongrie où son mari Miklos Gimes est aujourd'hui salué comme un martyr. Mais son passé tourmenté, ne s'apaise pas pour autant. En Hongrie, réapparaît une ancienne amante de son mari qui revendique le rôle de veuve. En même temps, Lucy est confrontée à des questions désagréables sur le rôle qu'elle a joué durant la sombre période staliniste dans sa patrie. Dans ses vieux jours, Lucy Gimes doit réécrire l'histoire de sa vie. Mais, pour son fils qui raconte son histoire, c'est un monde nouveau qui s'ouvre avec toute la magie et tout le poids du passé. 

" Mon histoire privée a-t-elle un arrière-plan plus général ?", expose Miklos Gimes. Tout ce que je peux dire c’est ceci : l'arrière-plan général, c'est la vie privée. En d'autres termes: c'est l'association de l’histoire et du privé qui fait l'authenticité du sujet. Pour ma mère, l’évènement politique de la révolution est  lié inextricablement à l'évènement personnel de la crise, et c'est justement cet événement, tout à fait privé, qui fait que le film peut avoir un intérêt pour la collectivité."