Guillermo Del Toro, qui débuta comme concepteur de maquillages et effets spéciaux, a dessiné les créatures de Mimic en s'inspirant du règne animal : «L'idée était de créer des hybrides associant les systèmes génétiques de plusieurs espèces. Nous avons commencé par travailler la texture, puis la forme de nos créatures en les dotant d'une allure élégante, d'une beauté tour à tour fascinante et terrifiante.»
La conception graphique, la mise au point et la fabrication des «mimes» demandèrent plus de deux ans de travail et mobilisèrent les talents de Ty Ruben Ellingson (Jurassic Park, Les Flintstones, La Guerre des étoiles - édition spéciale), Rick Lazzarini et son Créature Shop (Alerte !, Super Noël), Rob Bottin (Total Recall, Mission : Impossible, Seven) et Gordon Smith (JFK, Nixon), ainsi que 80 artisans et techniciens. Les «mimes» évoluèrent en permanence durant cette période de gestation, anticipant leurs nombreuses mutations au cours du film. Del Toro engagea Ellingson dès les premières étapes du projet, en 1994. Partant des dessins et maquettes de ce dernier, le responsable des effets et maquillages spéciaux Rick Lazzarini lança ensuite la fabrication des créatures ; Rob Bottin rallia l'équipe au début de 1996 et peaufina la conception graphique des «mimes» en renforçant leur élégance naturelle et leur puissance.
Rick Lazzarini élargit son équipe à soixante-dix collaborateurs durant la préproduction afin de dessiner et fabriquer dans les délais les nombreuses créatures animatroniques qui peuplent le film. Il envoya ensuite celles-ci à un atelier de Toronto où il avait réuni vingt-trois manipulateurs et techniciens. «Notre tâche consistait à donner vie aux créatures et à leur permettre de se mouvoir dans les trois dimensions, explique-t-il. Le reste du travail fut accompli par les infographistes, et le résultat final ne me paraît pas indigne des classiques du genre.» Le superviseur des effets spéciaux Brian Jennings (Mortal Kombat) fut chargé de combiner les effets animatroniques, modèles réduits et créations infographiques, selon des techniques désormais classiques depuis Jurassic Park.
«Le cinéma d'horreur permet d'inventer des images qui n'existent dans aucun autre genre. Nous avons opté ici pour une photo très contrastée, de style expressionniste, avec des ombres extrêmement marquées, signalant à chaque fois un danger imminent» déclare Guillermo Del Toro. La chef décoratrice Carol Spier, collaboratrice de longue date de David Cronenberg, conçut deux environnements, eux aussi fort contrastés : le monde souterrain, «viscéral» des «mimes» et le monde de la ville qui est, paradoxalement, plus chaotique et mystérieux. Pour le premier, elle puisa son inspiration dans les toiles tendant au surréalisme du peintre polonais contemporain Beksinski, et créa deux décors géants : un égout et une station de métro new-yorkaise du début du siècle, avec une voûte en céramique mesurant dix mètres de haut et une galerie marchande à deux niveaux.