Nommé dans neuf catégories pour les Oscars en 1988, Le Dernier empereur, fut vainqueur dans toutes ! Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleure photo, meilleur montage, meilleure musique, meilleurs costumes, meilleurs décors et meilleur son.

Les récompenses ne cessèrent de pleuvoir sur le film (dont le César du meilleur film étranger de l'année) qui, de plus, remporta un immense succès mondial.Le film renouait avec les superproductions fastueuses hollywoodiennes mais proposait surtout une incursion inédite dans l'histoire d'un pays, la Chine, qui restait reléguée au cinéma à un décor exotique de principe ou objet de documentaires à portée politique.

Le Dernier empereur joue complètement la carte du romanesque (l'amour, la gloire, la chute) mais aborde bel et bien la question du politique. Bertolucci est depuis toujours hanté par l'idée de révolution (il est un enfant du Mai 68 parisien) qu'il ne peut s'empêcher de filmer comme une flèche lyrique. Une flèche qui traverse et transcende le quotidien comme la poésie déchire la tranquillité d'un paysage de prose.

Philippe Piazzo