Les Méria étaient, à l’instar des Maris ou des Komis, l’une des composantes du peuple finno-ougrien, dont la langue matricielle « le proto- ouralien » aurait été parlée il y a plus de 6000 ans.
Selon les historiens, les diverses composantes de ces peuplades d’origine finlandaise, dites aussi « Ouraiiennes », sont les descendants directs de chasseurs mésolithiques, peu à peu établis le long de la chaîne de l’Oural et vivant d’une économie essentiellement fondée sur la chasse et la pêche. Dès 4000 avant Jésus-Christ, les Ouraliens subissent dans leur ensemble l’influence des ethnies indo-européennes. Ils sont repoussés toujours plus au Nord et peu à peu assimilés, absorbés ou éliminés.
Les Méria font partie de ces ethnies aujourd’hui éteintes. Les travaux archéologiques ont permis de déterminer qu’ils habitaient la Russie centrale, à proximité des lacs Nero et Plescheevo et des régions avoisinant les villes actuelles de Rostov, Kostroma ou Vladimir. Les grandes conquêtes menées par les Slaves peu avant l’an 1000 ont amorcé le déclin de leur rayonnement culturel, lequel est définitivement annihilé au XVle. L
a politique offensive de la principauté de Moscovie vise en effet l’unification du pays : la colonisation des principautés indépendantes menée par Ivan lll a raison des Méria, comme de l’ensemble des paysans du bassin de la Volga et de l’Oural. D’autres théories évoquent en parallèle la pression de l’Église orthodoxe sur la disparition de la langue Méria, et une possible intégration de ce peuple par des « voisins » de même origine, comme les Maris.
Plusieurs générations de chercheurs ont révélé l'empreinte de la culture Méria dans les noms de fleuves, les vestiges de villages et campements, divers outils taillés, jusqu’à des références écrites dans des chroniques russes médiévales.
La connaissance des Méria reste parcellaire et l’objet de spéculations surprenantes, dont celle mettant en doute leur existence réelle.
Les recherches sur le folklore, la tradition orale et la spiritualité des Méria se poursuivent aujourd’hui, notamment sous la houlette de Département Finno-ougrien de l’Université d’Helsinki.