Comment le film a été reçu par la communauté.

Il existe trois versions du film : l'une en langues yolngues, sous-titrée et commentée en anglais, une deuxième en langues yolngues, commentée en Mandalpingu et sous-titrée en anglais, et une troisième version - la version yolngue - sans sous-titres. C'est cette dernière version qui a été projetée en plein air à Ramingining, avant toute projection publique, pendant une soirée humide durant la saison des pluies. Un projecteur et un écran furent installés et les gens arrivèrent plusieurs heures avant le début de la projection.À la nuit tombée, il n'y avait plus un chat dans les rues et les maisons de Ramingining.

Il aurait fallu idéalement la surface de quatre terrains de basket pour accueillir tout le monde. Les spectateurs aborigènes accueillirent le film par des rires et un sentiment de fierté, y compris ceux qui n'avaient pas cru à un tel projet au départ. On ne parla que de ça pendant des jours. On évoquait les traditions d'hier et le mode de vie d'aujourd'hui. On parlait culture, histoire et identité yolngue. Ceux qui avaient participé au film éprouvaient un sentiment d'appartenance communautaire inédit.

Ce que représente ce film... pour Djulibing.

«Je pense qu'il m'appartenait de participer à cette aventure, afin qu'on sache, dans le monde entier, comment vivaient mes ancêtres. Au-delà des photos en noir et blanc, il y a notre histoire, celle dont les enfants de Ramingining n'ont jamais entendu parler. Ce film est destiné à nos enfants, pour qu'ils sachent d'où ils viennent, car nos anciens ne parlent pas suffisamment de notre histoire aux plus jeunes.»

Ce que représente ce film... pour Gulipilil.

«J'ai pleuré en voyant le film. Je suis fier de ceux qui y ont participé. Les gens qui verront ce film le garderont dans leur coeur, ils seront plongés dans la beauté du monde sauvage. J'ai montré une photo de Donald Thomson à Rolf de Heer et je lui ai demandé ce qu'il en pensait. Il a alors commencé à écrire une histoire, avec les habitants de Ramingining - mon peuple - et nous avons entamé notre collaboration. Je n'étais pas convaincu au début que nous puissions arriver au bout de cette aventure. Il a fallu affronter des milliers de moustiques, sangsues et autres dangers - mais nous y sommes finalement parvenus. Rolf nous a permis de ressusciter l'histoire de notre peuple et je tiens vraiment à le remercier pour cela. Cette histoire - l'histoire que raconte Dix canoes... - n'est pas terminée. Elle se poursuit encore et encore car c'est l'histoire de notre peuple et de notre terre.»