Constat : depuis 30 ans, la représentation de la sexualité est laissée à 95% à l’industrie du porno avec ses codes et sa grammaire filmique. Une industrie, dominante et lucrative, forcément nécessaire, et accessible de 7 à 77 ans sur de nombreux sites. Depuis l’antiquité, l’humain éprouve le besoin de représenter le sexe, des vases étrusques aux gravures rupestres dans le monde entier (pour faire court), et aussi le besoin de se confronter à ses images.
Il ne s’agit pas de faire le procès de l’industrie du porno mais comme dans toutes propositions d’images, la prédominance d’un seul point de vue peut être et doit être questionné. Nous nous inscrivons clairement dans ce questionnement et dans la volonté de montrer d’autres images sexuelles guidées par une narration qui implique des personnages dans leurs vies intimes, leurs instants de plaisir sexuel, et leur charge érotique est vivante dans leur corps, leur visage et leur regard.
Nous avons l’envie de reprendre le flambeau de certains cinéastes des années 70, à une époque où la société civile faisait beaucoup moins l’autruche sur la thématique du sexe et sur ce questionnement de la représentation de la sexualité.
La morale n’est pas forcément du côté des censeurs qui prêchent sur des principes éculés par rapport à l’accès à la pornographie. La morale se doit d’être vivante. Nous chroniquons les vies sexuelles de chaque individu qui compose la famille en basculant dans leur intimité – de la vie de la famille au quotidien, on passe dans le jardin secret de chacun...
40 ans après la libération sexuelle, comment s’établit la communication sur le sexe dans le cercle familial ? Qu’en est-il de l’épanouissement des uns et des autres ? Les moments sexuels et de plaisir (entre des partenaires consentants majeurs sexuellement !) sont-ils nos derniers espaces de liberté ? Les nouveaux outils de captation (téléphone portable, webcam, etc.) bousculent-ils la représentation de l’intime ?
« Le sexe se doit d’être soit une activité sacrée, soit une fabuleuse diversion ludique. » Vive le sexe. Vive l’amour et « faire l’amour » !
Jean-Marc Barr et Pascal Arnold