" Je ne me suis jamais senti proche du cinéma de dénonciation des années 70, que ce soit en tant que réalisateur que spectateur. J'ai vu ensuite émerger le "nouveau cinéma italien", que j'ai observé attentivement. Il me semblait que c'était un "joli" cinéma qui ne prenait aucun risque, un cinéma qui était le résultat d'un choix que des gens faisaient pour se "réaliser" professionnellement à l'intérieur d'une industrie.

Quand on songe à la manière dont on débutait dans les années 70, dont j'ai débuté, mais aussi, avant moi, Bertolucci ou Bellochio, la différence entre ce cinéma et celui d'aujourd'hui me semble très claire, c'est un cinéma qui ne me frappe pas par son originalité, son risque, sa diversité.

Producteur

Nous étions à Cannes avec "Domani, domani". Je parlais avec un dirigeant de la Rai àqui je disais mon désir de produire un film plus dur. Il me répond "Pourquoi pas ?" Le temps passe, le film prend forme, et je le propose à la RaiUno, qui a toujours collaboré avec nous, et à la RaiTre. A la RaiUno, ils me répondent que le scénario est très bien, mais qu'ils ne peuvent pas le faire car "cela n'est pas dans la politique éditoriale de la chaîne". A la RaiTre, ils me disent que le scénario ne les intéresse pas, et je veux bien les croire. Nous avons été un peu abattus, mais aussi convaincus de la nécessité de faire le film.

Le scénario

Une fois réglé le problème de la production, nous nous sommes plongés dans le scénario : nous cherchions une troisième voie entre la rudesse du film-dénonciation et le burlesque de la comédie... Nous souhaitions une légèreté qui ne soit pas de la farce, une dureté qui ne soit pas schématique.

Acteur

J'ai choisi d'interpréter Botero parce que c'était un personnage radicalement négatif, avec lequel j'espérais mettre un terme aux superpositions entre mes personnages précédents, comme Michele Apicella, et moi. En jouant ce film, je n'ai pensé à personne en particulier. Il n'est d'ailleurs pas précisé que ce ministre soit socialiste : c'est un laïc, mais il est vrai que le Psi a employé les mêmes méthodes politiques que lui.

La satire du film est dirigée contre une certaine manière de faire de la politique, que je définirais par euphémisme "désinvolte et indépendante", telle que la préconise le Psi. Le film met en scène une méthode politique qui ne s'attache qu'à la gestion du pouvoir, laquelle est proclamée a priori comme un moyen, et devient une fin. C'est le régime de l'arrogance, qui arrive même à s'étonner qu'il puisse exister quelqu'un qui pense différemment.