Disparu le 4 janvier 2016, Galabru était un pilier du cinéma comique à la française. Associé à de Funès et la troupe des "rigolos" des années 50 et 60, passés par le cabaret (Maillan, Serrault, Poiret, Darry Cowl, Desmarets...), il n'hésitait pas à jouer, à la demande, dans les films de débutants qui pouvaient le lancer sur des pistes plus graves comme l'avait confirmé Tavernier en lui offrant le role tragique d'un tueur dans Le Juge et l'assassin (César du meilleur acteur 1976). Galabru n'avait qu'un désir : tout jouer, et peu importe, finalement, de passer de Molière aux "imbécillités" qu'il reconnaissait accumuler sans honte sur grand écran.
On redécouvrit, une fois de plus, Galabru en 2010 lorsqu'Un poison violent le montra en papy blasphématoire. " Pour ce grand-père âgé, proche de la mort, raconte Katell Quillévéré, je cherchais un corps de bon vivant, un corps qui raconte le plaisir d’avoir pleinement profité de la vie. Derrière le choix de Galabru, il y avait aussi le désir de casser le côté un peu solennel du film en conviant un acteur comique qu’on a vu dans des films très populaires.
Je me suis dit : ce sera comme une intrusion qui sèmera un peu la zizanie dans cette maison et dans le film… Il a lu le scénario très vite, et il m’a dit qu’il acceptait le rôle à une condition « je veux bien m’allonger dans le cercueil, mais on ne referme pas le couvercle ! ». Pendant le tournage, j’étais stupéfaite qu’il me fasse confiance à ce point. C’est un acteur très audacieux et immensément généreux."