En 1910, Ursula était promise à une belle vie, troisième enfant d’une famille anglaise bourgeoise vivant dans un confortable manoir à la campagne. Mais Ursula est morte-née, étranglée par son cordon ombilical. Et si les choses s’étaient passées autrement ? C’est le point de départ de Life After Life qui nous entraîne au fil des épisodes parmi toutes les vies possibles d’Ursula.


Life After Life est d’abord un best-seller écrit en 2013 par la prolifique autrice britannique Kate Atkinson. Le roman est réputé inadaptable au cinéma, mais face au succès critique et public, la BBC choisit la showrunneuse Bash Doran (Broadwalk EmpireMaster of Sex) pour en diriger l’écriture. Le réalisateur irlandais John Crowley (We Live in Time) met en scène les 4 épisodes avec la délicatesse indispensable au sujet. En tête d’un casting impeccable, Thomasin McKenzie apporte sa fraîcheur et sa sensibilité à Ursula.


Derrière l’argument fantastique ludique, la série est empreinte de poésie, à l’image de ces flocons de neige qui tombent à chaque fois qu’une boucle s’apprête à recommencer. Cette douceur visuelle s’accompagne du score inoubliable de Volker Bertelmann, compositeur oscarisé, qui assoit la mélancolie de la série.



Si le destin d’Ursula se réécrit encore et encore, c’est parce qu’il se heurte à la dure réalité de la condition féminine du début du XXème siècle. La vie devient survie. Les dangers d’alors résonnent tristement avec ceux d’aujourd’hui. Par son dispositif, la série pose des questions existentielles vertigineuses. La possibilité de réécrire la petite histoire croise le fantasme de réécrire la grande et d'en changer le cours.