Dix années de cinéma tchèque, années heureuses, années de jaillissement dans tous les genres, où de nouvelles promotions chaque année apportaient de nouvelles promesses. Un climat dynamique, pas toujours égal, qui eut ses bourrasques et même ses verglas, mais où les rayons du soleil éclataient entre les averses en attendant d'offrir ce printemps radieux de 1968 qui sembla ouvrir tous les espoirs.

C'est fini — pour l'instant. Nous ne prétendons pas faire le point, mais nous voudrions rechercher dans quelle mesure cette production de dix ans a su exprimer la société dont elle est issue, ses problèmes, ses espoirs, peut-être ses obsessions. Evasion ? Simple combat ? Recherche de voies nouvelles ? Les cinéastes tchèques ont été formés, comme il se doit, à l'école du réalisme socialiste — école dont il faut bien dire qu'il n'est sorti aucune œuvre réaliste, ni vraiment socialiste.

La gageure, c'est qu'on ne saurait en dire autant du cinéma tchèque pendant ces années qui ont marqué pour les intellectuels tchèques une prise de conscience individuelle accompagnée de la volonté de rendre témoignage dans leur œuvre de cette prise de conscience. Ces cinéastes sont très différents par leur tempérament, et aussi par les genres de cinéma auxquels ils se sont adonnés, mais tous se révèlent très enracinés dans la réalité nationale, et dans celle du socialisme. C'est vrai même dans les films pour enfants (Aventure dans la baie d'or, Lapin dans les hautes herbes, Avez-vous un lion chez vous?), dans l'animation (La Main, L'idéal), et bien sûr dans le documentaire (Pourquoi ?) ou le film enquête (Apparenté par le choix).

Mais c'est le film de fiction qui offre le champ le plus vaste à notre recherche, une recherche qui pourrait d'ailleurs dépasser le cadre du cinéma pour s'appliquer au théâtre et plus encore à la littérature puisqu'aussi bien de nombreux films sont tirés de romans ou nouvelles de Mnacko, Skvorecky, Lustig, Hrabal, Kundera.

On a souvent opposé deux générations de cinéastes, la première étant présentée comme très politisée, la seconde désengagée sur le plan politique.

Cela me paraît bien arbitraire. Dans la première se trouvaient des hommes comme Kadar, Jasny ; dans la seconde, toute la nouvelle vague.

En fait, il y a des âges intermédiaires, pas vraiment l'intervalle d'une génération, mais il est vrai qu'il y a entre eux une coupure nette, due à l'âge un peu indirectement.

Il y a ceux qui — au moment des premières heures tragiques de la Tchécoslovaquie avaient déjà, sinon une orientation idéologique achevée, au moins une certaine formation intellectuelle et morale. Beaucoup parmi eux ont été poussés par les événements à un engagement politique précoce : (il est certaines périodes dans l'histoire où la politique absorbe toutes les énergies), tous ont été amenés à réfléchir à l'incidence de la politique sur la vie quotidienne de l'homme. D'où chez eux une conception militante de l'art : contre le fascisme, pour le socialisme. Et parce que ce sont des militants, ce ne sont pas des robots. On ne leur fera pas tout gober en apposant l'étiquette socialisme : c'est le contenu qui les intéresse. Et c'est pourquoi ils ont été les premiers à critiquer le régime, au nom du socialisme bafoué.

L'accusé de Kadar et Klos est une critique calme, mais sans ménagement, du système économique : rigidité et arbitraire de la réglementation, insuffisance des salaires, corruption, méconnaissance des compétences. Critique aussi des rapports sociaux dénués de compréhension humaine chez ceux qui auraient dû en offrir l'exemple. Bureaucratie incapable et veule, surtout dans les échelons supérieurs. Pas de happy end : l'accusé, coupable suivant la lettre, fort méritant quant à l'esprit de la législation, refuse le verdict qui lui inflige une peine de pure forme : il fait appel, regagne sa prison, réclamant une prise de position nette, c'est-à-dire une législation honnête. Ce refus du compromis, cette exigence de clarté, c'est un des premiers signes de la maturité politique qu'acquiert alors l'opinion tchécoslovaque, au moins dans ses éléments les plus éclairés.

D'autres signes en apparaissent encore dans ce film, et avant tout le respect de l'individu. Respect du spectateur, auquel on montre tous les aspects de la question et aussi, en particulier par le truchement de trois journalistes qui assistent au procès, les interprétations, les informations complémentaires qui permettent de voir le même fait sous plusieurs angles. Il y a donc tous les éléments d'un choix, et le recul nécessaire ; mais le film reste ouvert : à chacun de chercher la solution ; l'avenir montrera que les metteurs en scène ont eu raison de faire confiance à la maturité politique de leur peuple.

Jasny, dans la parabole humoristique de Un jour, un chat, a dressé une des plus réjouissantes satires de l'hypocrisie de l'ordre moral novotnien. Lorsque le chat Mourek perd ses lunettes magiques, chacun apparait sous sa véritable couleur : voleurs, infidèles, hypocrites, amoureux...

Dans le cadre Renaissance de la petite ville de Telc, un ballet coloré nous donne la représentation d'une sorte de microcosme. Il y a les représentants de l'ordre établi, figé, immuable, ceux qui tuent les oiseaux pour les empailler : ils sont ainsi tellement plus simples à étudier.

En face les vivants : les enfants et leur instituteur Robert qui observe les oiseaux avec sa caméra et essaie de retrouver la complexité et le mouvement de la vie. La trouvaille de la fin : le directeur empailleur se muant en caméléon, et passant successivement par toutes les couleurs : ce n'est pas très tendre pour le régime. C'est qu'après tant de bourrage de crâne, tant de mensonges, on veut retrouver la vérité, même dure, même cruelle. Il n'y a plus de tabous. La Résistance elle-même est repensée ; en réaction on va parfois au-delà, à ne retenir que l'aspect négatif, d'où par exemple un certain malaise devant des films comme Un Carrosse pour Vienne de Kachyna ; par contre La mort s'appelle Engelchen, de Kadar et Klos, d'après le roman de Mnacko est une méditation d'une très haute tenue sur la nécessité de l'emploi de la violence, mais en même temps sur l'impossibilité de la contenir et de la maitriser.

C'est aussi la vérité qu'a voulu retrouver Jasny dans la récente Chronique morave, la vérité sur la collectivisation des campagnes.

Jasny a passé toute sa jeunesse en milieu rural. Il a fondé dans son village la première cellule communiste. Son témoignage est dur, mais comment faire œuvre durable si l'on ferme les yeux au réel, parce qu'il n'est pas beau à voir ?

Il a fallu beaucoup de courage pour réaliser ces films : à l'époque, les auteurs des erreurs et crimes dénoncés tenaient encore — et pour la Chronique morave à nouveau — le pouvoir ; ce fut une bataille incessante dont les cinéastes, non sans peine, réussirent à sortir victorieux à force de conviction tenace et parce qu'ils surent se montrer solidaires. Et cela par-dessus l'obstacle des générations. C'est que leurs cadets aussi eurent de la peine à conquérir la liberté de s'exprimer, mais ils se plaçaient à un autre point de vue. Non qu'ils se soient désintéressés du facteur politique, mais ils ne le voyaient pas sous le même angle : question, je crois, de formation.

Ils n'ont pas lutté pour fonder le socialisme dans leur pays . à l'âge de l'action, ils l'ont trouvé déjà installé. Mais ils avaient grandi dans des conditions terribles : ce sont les enfants de l'Apocalypse.

A un âge où l'on ne peut pas comprendre, mais où la sensibilité est vive, où l'être est le plus vulnérable, tout prend facilement une allure de mythe. Ils ont ainsi connu les longues années de la terreur nazie, plus lourdes que chez nous ; puis, après les joies violentes mais brèves de la libération, c'est la chape de plomb du stalinisme, à nouveau la terreur établie à la hauteur d'un moyen de gouvernement, à nouveau la peur au foyer et l'insécurité.

Mais ce n'est pas tout : ils ont vécu dans une atmosphère de fin de monde ; tout jeunes, ils ont vu l'écroulement du monde bourgeois, et maintenant ils constatent l'échec du régime qui a succédé.

On sait — au moins pour l'année 1968 — qu'ils demeurent attachés au socialisme. Encore faut-il en trouver le chemin. Ils n'ont pas les racines de leurs aînés, déjà formés avant les grandes catastrophes. Aussi se révèle-t-il chez eux une inquiétude, une recherche, beaucoup plus sensibles que chez leurs devanciers. Ils ne cherchent pas, comme eux, à convaincre. Les critiques d'un Kadar, celles d'un Jasny sont celles d'hommes qui ont leur part de responsabilité dans la création du régime socialiste ; le voir dénaturé, constater les abus et crimes commis en son nom, leur est d'autant plus odieux.

Leur œuvre est donc toujours un combat au service d'une idéologie précise et vue dans son ensemble. Les jeunes, n'ayant pas cette armature, et étant placés dans le cadre d'un système reçu, sont surtout sensibles à des problèmes particuliers, mais qui sont — remarquons-le bien — ceux de l'homme vivant en société, c'est-à-dire donc des problèmes politiques.

Qui plus est : des problèmes liés au lieu et à l'époque, des problèmes issus d'une expérience personnelle. Leurs films sont parfois un constat de la vie actuelle, dans son cadre quotidien et familier. Tels ceux de Forman, de Passer. Mais un constat inquiet et critique ; sous les apparences d'un comique léger, apparemment désengagé, ces films témoignent du vide de l'existence, des aspirations confuses et plutôt négatives des jeunes, de l'incompréhension des générations. Satire aussi des habitudes traditionnelles (des amis tchèques ont avoué en riant leur gêne devant le poulet dominical après avoir vu Eclairage intime !). Ils témoignent encore de ce qu'ont de vieux et formel certaines activités « sociales », celles surtout qui s'adressent à la jeunesse (Amours d'une blonde, Du courage pour chaque jour)

Par réaction contre le conformisme de l'époque précédente, ils recherchent les personnages un peu en marge, d'où leur engouement pour les œuvres de Hrabal, où six cinéastes de la jeune génération ont été chercher l'inspiration des Petites perles au fond de l'eau... Menzel a excellé ainsi dans les Trains étroitement surveillés où d'un thème qui eut pu être trivial, il a tiré une œuvre pleine de sensualité délicate et d'humour tendre (...)

Avec Jires dans Premier cri, avec surtout Schorm dans Du courage pour chaque jour, les jeunes auteurs, au-delà du constat, s'interrogent sur le sens de la vie, la destinée de l'homme.

Mais ce n'est pas une interrogation abstraite, l'individu ne se détache pas de son milieu social, c'est la qualité et la profondeur de l'étude du cas individuel qui permet d'accéder à l'universel. Mais quand le cas particulier est celui d'un jeune militant du parti, comme dans le film de Schorm, son étude peut atteindre une portée critique effroyable.

Complètement sclérosé, son idéologie s'est vidée de tout contenu, son action est toute formelle ; aussi ce responsable est-il sans prise sur la nouvelle réalité sociale. Quand il est contraint d'en prendre conscience, c'est tout son univers qui s'écroule, totalement, vie privée comprise ; la fin du film nous le montre touchant le fond de l'abîme, c'est-à-dire prenant pied pour la première fois.

C'est un film terrible, le film du gâchis, de toutes les vies gâchées parce qu'on a voulu plaquer sur la vie des hommes une idéologie détournée de son sens, vidée de son contenu. Dans le même film, gâchée aussi la vie de ce jeune Brozek, chassé comme tant d'autres de l'Université en raison de ses origines bourgeoises, et incapable de retrouver un équilibre. Gâchis de toute une jeunesse devant laquelle ne s'ouvre aucune voie. Même gâchis dans Personne ne lira de Bocan, avec la même idéologie morte, réduite à l'état de rite. Un homme comparait devant une réunion de quartier, vrai déjeuner de têtes de camarades, personne ne cherche à comprendre, ce ne sont que phrases toutes faites, d'une incroyable sottise, ou paroles doucereuses sur le camarade qu'on aurait dû aider (l'assistance fraternelle... déjà). C'est à vomir. Finalement c'est une vie que l'on brise, assez gratuitement. Gâchis. Gâchis. Ce mot résume toutes ces années là. Cela il fallait le faire comprendre. Pour qu'on ne puisse plus le supporter. Faire surgir aussi l'absurde.

C'est ce que fit Juracek par transposition dans une de ses premières œuvres Joseph Killian, d'esprit très kafkaïen. Pour qu'on ne puisse plus le supporter. Mais le grand ennemi à vaincre, c'est la peur, la peur aveugle surtout. C'est à cela que se sont attachés les plus conscients — ou les plus inspirés — des cinéastes de la jeune génération.

Déjà Brynych avec le Cinquième cavalier, c'est la peur (1964), nous montrait la désagrégation d'une société sous l'emprise de la peur, mais aussi comment un vieil homme déchu et malade retrouvait sa dignité avant de mourir parce qu'il avait su vaincre cette peur qui telle une peste rôdait partout, rendant l'air irrespirable ; l'insolite surgissait du quotidien et prenait une dimension fantastique.

C'est avec Nemec surtout que nous saisissons son action sur la société. Déjà Les Diamants de la nuit nous montrent deux jeunes hommes pourchassés réduits à l'extrême limite de leurs forces : froid, faim, fatigue, dérision.

La fête et les invités commence sur un ton badin et familier : les ébats d'un petit groupe en goguette ; puis surgit la peur, une peur dégradante par ce qu'elle implique de servilité, de complaisance.

C'est hallucinant et précisément parce que c'est terriblement proche : des gens comme ça, nous en coudoyons tous les jours ; alors, il faut bien prendre conscience de la fragilité morale de l'être humain, de sa vulnérabilité.

Certes nous comprenons aussi qu'un peu de courage suffit à rompre le cercle de la peur, si l'on est attentif à ne pas la laisser s'installer. Ce film est une leçon de civisme, un appel à la vigilance (il fut parfaitement entendu le 21 août 1968). Ce n'est pas tout : La Fête et les invités porte plus loin encore. Parmi les personnages de la party, l'un d'eux qui s'est toujours tenu à l'écart, disparait quand on décide la réconciliation générale, entre ceux qui ont terrorisé, et ceux qui ont été terrorisés. Il refuse de pactiser, il se retire et ce retrait remet tout en question dans cette société : c'est la seule chose qu'elle ne puisse tolérer.

Et, de fait, dans ce monde qui a connu tant de bouleversements, la tentation est grande d'oublier le passé, de remettre tout le monde sur le même plan : nous sommes tous des hommes, nous avons tous deux pieds, un nez, deux yeux, etc.. etc.. On connaît la chanson. Mais c'est risquer de confondre aussi les valeurs : on ne construit pas sur le sable, encore moins sur la boue.

S'il faut en croire La Plaisanterie, ce film que Jires a tiré du roman de Kundera, cette dernière leçon semble encore plus difficile à appliquer que la première. Une plaisanterie assez innocente brise la vie d'un jeune étudiant Ludwik : il est chassé de l'Université, sa fiancée le quitte, on l'envoie dans un camp disciplinaire où il retrouve d'autres malchanceux, dont le pire est ce pitoyable communiste qui s'obstine tellement à respecter la discipline pénitentiaire qu'on l'en fera très vite crever. Mais Ludwik de retour à la vie normale trouvera hommes et choses changés, il renoncera à la vengeance ; seulement le malaise demeurera ; il demeurera tant que le passé n'aura pas été clairement liquidé.

Ainsi, en ces dernières années, les jeunes semblaient eux aussi rejoindre leurs aînés dans une dénonciation des fautes du passé, la coupure entre les générations paraissait s'estomper dans le choix des thèmes et il faut dire que, au moins pour certains auteurs, c'était vrai aussi sur le plan des procédés formels.

Si la nouvelle vague française (connue à Prague au moment où certains terminaient leur formation), ainsi que les méthodes du cinéma vérité, n'ont été adoptées qu'à des degrés divers par tous les jeunes réalisateurs, il faut noter que L'accusé se ressent de l'influence du cinéma d'enquête, tandis que La mort s'appelle Engelchen, comme d'ailleurs le roman de Mnazko, rompt avec les règles du récit traditionnel. Et puis, dans leur lutte pour la liberté d'expression, les cinéastes ont toujours fait bloc. Comme le disait Kadar, à propos Du courage pour chaque jour « Je ne suis pas entièrement d'accord avec Schorm. Mais que son film sorte d'abord. On en discutera ensuite ».

Cette liberté durement conquise par les cinéastes tchèques a été sans doute la plus effective qu'ait connu le cinéma de cette époque. Bien sûr, ils ne pouvaient encore tout dire, mais ces restrictions étaient finalement moins graves que les entraves rencontrées par les cinéastes du monde dit libre. Les réalisateurs tchèques, en dehors de toute consigne, de tout mot d'ordre, suivant leur inspiration, les possibilités qui s'offraient à eux, nous ont fait connaître leur société.

Aucun souci d'édification : on chercherait en vain toute trace de héros positif ; il y a chez eux trop d'honnêteté, une exigence de vérité trop rigoureuse pour qu'ils se prêtent à cette tartufferie. C'est même en réaction contre cela que s'inscrit le goût manifesté un moment pour les personnages marginaux. Surtout, ce qu'on trouve chex eux, c'est l'homme moyen, le produit le plus indiscutable d'une société, celui qui en témoigne le mieux. Mais cet homme moyen appartient à un petit pays qui dut subir trois siècles de domination étrangère, un peuple sur lequel se sont abattues depuis trente ans des catastrophes d'une ampleur sans précédent. Cette « grande histoire » paraît convenir particulièrement mal à ce peuple tranquille, aux allures empreintes de bonhomie et de simplicité, peu porté au panache, au geste héroïque : celui qu'on aime incarner dans le Brave soldat Schveik.

Cybulski, devant jouer dans Personne ne rira le rôle dévolu par la suite à Kacer, et placé devant la séquence de la réunion de quartier, s'étonna, en bon Polonais : « Que va-t-il faire là ? Il n'a qu'à leur montrer son cul ».

Et effectivement il n'y avait rien à attendre d'une telle réunion. Mais on n'a pas, dans ce pays, le goût des ruptures, on essaie de s'entendre jusqu'au bout, et même au-delà : cela ne réussit pas toujours. Seulement cette volonté patiente, cette obstination, c'est aussi la grandeur du peuple tchèque. Quel autre pays eut su trouver en lui assez de force — et d'enthousiasme — après vingt ans d'épreuves et d'échecs de toutes sortes — pour vouloir reconstruire le socialisme, rejoindre après une si longue rupture la grande espérance de 1917, celle d'un socialisme libérateur ? Cela c'est un autre visage du peuple tchèque, celui de Jean Huss, celui que nous montre le dernier film de Bocan, film historique, mais d'une actualité brûlante ; il a pour héros un chevalier de la fin de la guerre de Trente ans, homme lourd, obtus, replié sur lui-même. Il comprend seulement quand tout est déjà terminé, quand les jeux sont faits. Mais sa décision est prise ; alors que tout le monde l'abandonne, il s'engage dans un combat apparemment sans espoir.

On n'entend plus beaucoup parler dans les derniers festivals des films tchèques. Certains ont été achevés cette dernière année, porteurs de grands espoirs. Le cinéma tchèque de ces douze dernières années a plus qu'en aucun autre pays socialiste témoigné de la société dont il est issu ; il en a porté les problèmes à l'écran suscité la réflexion ; par la qualité de la forme, la richesse et la rigueur du contenu, il a plus qu'aucun autre contribué à l'éducation, du peuple. Pourquoi ne peut-il continuer son œuvre ?