L’intrigue nous plonge dans un recoin méconnu et pourtant fascinant du récit royal ibère : le règne de Louis Ier, le plus éphémère de l'histoire du pays. En 1724, le roi Philippe V abdique de manière inattendue en faveur de son fils de dix-sept ans. Ce qui aurait pu n'être qu'un austère drame d'époque se transforme ici en une satire mordante, une parenthèse bourbonienne à la fois loufoque, acide et profondément humaine.


Dans la lignée directe de réussites comme la série The Great, avec Elle Fanning et Nicholas Hoult, ou le long métrage de Yorgos Lanthimos, La Favorite, la série s’amuse à bousculer les codes du genre. Derrière la somptuosité des décors et une reconstitution visuelle impeccable, se cache une plume acérée qui injecte un humour absurde et délicieusement anachronique. Les dialogues fusent, mêlant la farce moderne à un esprit picaresque typiquement espagnol. Mais au-delà des éclats de rire qui donnent le rythme, l'œuvre réussit un équilibre parfait en distillant une réflexion plus profonde sur la fragilité des institutions, la solitude des puissants et la brièveté de l'existence.



Ce tourbillon d'insolence est porté par un casting magistral. Javier Gutiérrez est impérial dans le rôle d'un Philippe V erratique et imprévisible, tandis que la magnétique Leonor Watling incarne avec brio l'ambitieuse et manipulatrice Élisabeth Farnèse. Au milieu de ce nid de vipères, le jeune Carlos Scholz apporte une immense tendresse et une touchante humanité à Louis Ier, ce roi adolescent piégé par son destin.


C'est frais, c'est piquant, et c'est surtout le remède parfait si vous pensiez que les séries historiques manquaient parfois de panache.