" Contracorriente est mon premier long-métrage. C'est un projet très personnel dans lequel j'explore des thèmes qui me semblent être pertinents et actuels. Vivre loin du Pérou pendant une longue période m'a permis de reconsidérer certains aspects de cette société, et de réaliser que le concept de virilité peut y être altéré et remplacé par des définitions plus limitées qui ont moins trait à l'honneur et à l'authenticité qu'à la masculinité et au pouvoir. Dans un sens, Contracorriente est né de ma quête personnelle pour définir ce qu'est être un homme, et comment la virilité se rapporte à l'identité sexuelle.
Beaucoup de films ont eu trait à la discrimination et à l'homophobie, mais généralement représentées comme une force externe, comme la discrimination que les autres exercent sur une personne à cause de sa différence. Même s'il y a cet aspect dans Contracorriente, je reste persuadé que dans la majorité des cas notre pire ennemi n'est pas l'intolérance des autres, mais nos propres préjugés, et je voulais donc que ce soit un des éléments importants du film.
Si nous arrivons à combattre nos propres préjugés et à nous accepter tels que nous sommes, malgré le poids des conventions sociales, alors il devient beaucoup plus facile d'affronter les discriminations. Parce qu'être en paix avec soi-même est ce qui nous donne la force d'affronter les obstacles et d'agir avec sincérité. C'est pourquoi il était important pour moi d'explorer dans Contracorriente les conséquences d'une attitude malhonnête qui consiste à cacher sa vraie nature, et de montrer comment ces dissimulations finissent par affecter les gens qu'on aime le plus.
Mais Contracorriente reste avant tout une histoire d'amour et en tant que telle sa portée est universelle."
Javier Fuentes-León