" Mon film La Chambre d’en face évoque le refus de mourir et l’opportunité de savoir saisir l’amour quand il se présente à vous. Le scénariste Anders August et moi avons fait des recherches pendant plusieurs années pour écrire le scénario.
Mais tout s’est vraiment éclairci quand nous avons rencontré l’actrice principale Ghita Nørby. : même si nous sommes au crépuscule de notre vie, on peut encore tomber amoureux de la même façon qu’à 16 ans. Sa rencontre nous a fait comprendre qu’un film sur les personnes âgées n’est pas forcément un film sur la vieillesse. Il était crucial pour moi que les personnages ne soient pas caractérisés par leur âge mais plutôt par leurs comportements et leurs émotions – la force avec laquelle Lily se bat pour tenir à distance la maladie et la mort par exemple.
Le rythme et la dynamique étaient importants pour raconter l’histoire de gangsters de Northwest. Pour R je me suis intéressé à la réalité de l’univers carcéral et les règles qui le régissent. Comme pour ces films, avec La chambre d’en face j’ai voulu y insuffler le même dynamisme, la même énergie. Et aussi en intégrant au casting des acteurs débutants, expérimentés et de véritables résidents et membres du personnel de maisons de retraite.
Ma grand-mère a maintenant plus de 90 ans, et j’ai toujours eu une très grande affection pour elle. Je n’ai pas pu éviter de la placer dans une maison de retraite,alors que je m’étais promis de ne pas le faire.Le fait de ne pas tenir cette promesse m’a amené à cette réflexion: pour qui bâtis- sons nous les maisons de retraite ? Les résidents ou bien leur famille ? Je lui rends visite aussi souvent qu’il m’est possible, en m’assurant qu’elle reçoive le meilleur traitement, mais ce ne sera jamais une vraie "maison".
Pendant la réalisation du film, j’ai toujours eu ma grand-mère à l’esprit. J’ai pris conscience de la fragilité et de la brièveté de la vie. Et que la seule chose que nous pouvons transmettre c’est l’amour.
Voilà pourquoi La chambre d’en face est une histoire sur l’amour, l'équilibre entre la vie et la mort, la négligence et l’affection que l’on éprouve pour ses proches."
Michael Noer