Tchoupitoulas suit la nuit d'errance de trois gamins de la Nouvelle-Orléans venus des bas-fonds en Ferry voir le French Quarter. Là se bousculent musiciens de rue, alcooliques et prostituées. Un coin pas pour eux, à une heure où ils devraient être couchés. Mais c'est gosses-là ne sont pas comme les autres et leur benjamin devrait avoir interdiction de sortir sans un micro en sautoir.
Tchoupitoulas est un bain de sons, de musique et de poésie qu'un choeur d'ado commente, emmené par son choryphée de onze ans. William, c'est le Rimbaud d'avant les Lettres, venu chez Mark Twain flûte au bec (en prime, bateau fantome, à aubes et avant l'aube) chanter sa poésie comme elle vient, sans rien noter, comprenne qui pourra et archive le cinéma. Les rues de la Nouvelle Orléans rappellent la "Desolation Row" de Bob Dylan ("Le cirque est en ville (...) Cendrillon a l'air d'aller bien (...) Le Titanic navigue à l'aube, (...) Tandis que les chanteurs de calypso rient d'eux / Et que les pêcheurs tiennent des fleurs / Entre les fenêtres de la mer / Où nagent d'adorables sirènes / Et personne ne pense trop / A l'Allée de la désolation").
Le film des frères Ross est un poème filmé, dense et beau, réveillant chez le spectateur un émerveillement permanent, dont, embourbé dans le Réel jusqu'au cou, il avait oublié qu'il était encore capable.
Pierre Crézé
Tchoupitoulas est disponible en Vod sur UniversCiné, jusqu'au 30 avril 2013, en streaming ou en téléchargement.
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