" Parler de Paisito, c’est parler de cicatrices. Des vies déchirées par les dictatures, qui se sont répandues comme une trainée de poudre en Amérique du Sud et plus particulièrement à Montevideo. Sous la dictature, le temps s’arrête, mais il finit toujours par reprendre son cours. La sclérose n’existe pas dans l’Histoire.
Donner la parole à ceux qui furent pris au milieu du conflit, à ceux qui ne prennent pas parti, à ceux qui ne supportent pas plus de voir mourir que de voir tuer. Explorer leurs angoisses et leurs contradictions, leurs rêves brisés, telle est la trame directrice de cette histoire.
Vainqueurs et vaincus subissent les blessures des régimes totalitaires. La cicatrice ne s’efface pas avec le temps, elle devient une identité.
Parfois, une nouvelle à la radio, une chanson ou une image fait resurgir intact le souvenir de la souffrance. Les paroles capturées de la mémoire des enfants, la nécessité de réinterpréter leurs souvenirs. Comprendre pourquoi la passion, le plaisir, la découverte de l’autre leur furent arrachés, remplacés par une mémoire déchirée."
Ana Díez