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Rachid Bouchareb : "Les nouvelles générations ont besoin de connaître le passé colonial "
Les personnages d'Hors-la-loi donnent tous une "réponse personnelle à l’injustice" explique le réalisateur...
La rédaction, 12/05/2011
Roschdy Zem, Sami Bouajila, Jamel Debbouze et Bernard Blancan rempilent devant la caméra de Rachid Bouchareb, quatre ans après Indigènes, son prix d’interprétation collective à Cannes, son aura médiatique qui a remis dans l’actualité la question des pensions de guerre aux tirailleurs maghrébins et sénégalais et ses trois millions d’entrées. Seul absent, Sami Nacéri, quant à Bernard Blancan, il n’a qu’un rôle secondaire, celui d’un colonel français des services secrets. Les trois acteurs portent les mêmes prénoms que leurs...
Roschdy Zem, Sami Bouajila, Jamel Debbouze et Bernard Blancan rempilent devant la caméra de Rachid Bouchareb, quatre ans après Indigènes, son prix d’interprétation collective à Cannes, son aura médiatique qui a remis dans l’actualité la question des pensions de guerre aux tirailleurs maghrébins et sénégalais et ses trois millions d’entrées. Seul absent, Sami Nacéri, quant à Bernard Blancan, il n’a qu’un rôle secondaire, celui d’un colonel français des services secrets. Les trois acteurs portent les mêmes prénoms que leurs personnages dans Indigènes, mais Hors la loi n’en est pas la suite, si ce n’est chronologique. Ici, Roschdy, Sami et Jamel sont trois frères Algériens, respectivement Messaoud, Abdelkader et Saïd, qui chassés de leur maison et de leur terre par les colons français, en 1945, alors qu’ils n’étaient que des enfants, connaissent, à l’âge adulte, des destins différents. Le premier s’enrôle dans l’armée française et part en Indochine, avant de rejoindre le deuxième, devenu l’un des membres actifs du FLN, mouvement pour l’indépendance de l’Algérie, à Paris ; le cadet, pour échapper aux bidonvilles de Nanterre, fait fortune à Pigalle comme proxénète et organisateur de combats de boxe. Loin de l’apologie du FLN annoncée, le film de Rachid Bouchareb a le courage de ne pas diviser ses protagonistes en bons arabes contre méchants français, mais à concentrer son discours sur les choix offerts à trois ressortissants animés par une colère légitime et une soif de revanche pas toujours légitimée, qu’elle soit politique (en finir avec la colonisation) ou sociale (en finir avec la pauvreté). Enserrée entre deux scènes d’une rare violence, l’histoire de Hors-la-loi est une saga familiale et humaine qui rencontre l’Histoire avec un grand H, et lorgne vers les grands modèles américains. Quelque chose comme le «Il était une fois en Algérie», de Rachid Bouchareb.
Roschdy Zem, Sami Bouajila, Jamel Debbouze et Bernard Blancan rempilent devant la caméra de Rachid Bouchareb, quatre ans après Indigènes, son prix d’interprétation collective à Cannes, son aura médiatique qui a remis dans l’actualité la question des pensions de guerre aux tirailleurs maghrébins et sénégalais et ses trois millions d’entrées. Seul absent, Sami Nacéri, quant à Bernard Blancan, il n’a qu’un rôle secondaire, celui d’un colonel français des services secrets. Les trois acteurs portent les mêmes prénoms que leurs personnages dans Indigènes, mais Hors la loi n’en est pas la suite, si ce n’est chronologique. Ici, Roschdy, Sami et Jamel sont trois frères Algériens, respectivement Messaoud, Abdelkader et Saïd, qui chassés de leur maison et de leur terre par les colons français, en 1945, alors qu’ils n’étaient que des enfants, connaissent, à l’âge adulte, des destins différents. Le premier s’enrôle dans l’armée française et part en Indochine, avant de rejoindre le deuxième, devenu l’un des membres actifs du FLN, mouvement pour l’indépendance de l’Algérie, à Paris ; le cadet, pour échapper aux bidonvilles de Nanterre, fait fortune à Pigalle comme proxénète et organisateur de combats de boxe. Loin de l’apologie du FLN annoncée, le film de Rachid Bouchareb a le courage de ne pas diviser ses protagonistes en bons arabes contre méchants français, mais à concentrer son discours sur les choix offerts à trois ressortissants animés par une colère légitime et une soif de revanche pas toujours légitimée, qu’elle soit politique (en finir avec la colonisation) ou sociale (en finir avec la pauvreté). Enserrée entre deux scènes d’une rare violence, l’histoire de Hors-la-loi est une saga familiale et humaine qui rencontre l’Histoire avec un grand H, et lorgne vers les grands modèles américains. Quelque chose comme le «Il était une fois en Algérie», de Rachid Bouchareb.
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