Comment a germé l’idée de ce film construit d’après 5 épisodes ?

A l’origine, Le Petit Chat curieux - Komaneko était un événement visant à présenter la technique du “stop-motion” ou image par image lors d'une exposition en 2003 au sein du Tokyo Metropolitan Museum. Nous avions recréé un studio de tournage pour nous permettre de filmer en direct. Le concept partait de l’idée d’une mise en abyme, c’est-à-dire que les visiteurs nous voyaient filmer en “stop- motion” le personnage de notre histoire (une chatte en l’occurrence) réalisant son propre film d’animation... en “stop-motion”.

De cette façon, le court métrage Le Premier Pas a vu le jour, des producteurs ont été séduits et nous ont suggéré de faire un long métrage pour le cinéma. Après dix mois de production, le film a pu sortir en salles et l’imagerie komaneko s’est rapidement développée sur le marché japonais : poupées, carnets de notes, jeux pour console portable, breloques, stickers...

Vous n’avez pas été inquiet de franchir le pas...

Si, je viens du monde de la publicité où le montage final ne dure pas plus de 5 minutes, alors à l’idée de faire un long, je me demandais si j’allais arriver au bout de cette tâche. Maintenant, je suis soulagé... Le Petit Chat curieux existe !

Koma aime fabriquer avec ses mains (pattes !). Vous aussi, non ?

Faire des choses avec ses mains, c’est exprimer sa personnalité, montrer comment on est véritablement. Koma fabrique des marionnettes et elle y met tellement de passion, que ses poupées s’animent et deviennent presqu’aussitôt ses amies. Nous avons fait ce film avec la même passion... Pourvu que les spectateurs la ressentent 

Nous sommes surpris par la richesse des expressions : un subtil froncement de sourcils et hop, Koma devient pensive...

Les animateurs ont travaillé avec une minutie extrême, préparant par exemple plusieurs paupières qui permettent de modifier les expressions... Nous sommes parvenus, me semble-t-il, à retranscrire des sentiments relativement complexes et pas seulement la tristesse ou le bonheur.

Koma s’exprime aussi par la voix...

Au début, j’avais écrit un story-board avec des dialogues, mais la productrice ne reconnaissait pas Komaneko, nous avons donc décidé de faire un film sans parole et trouvé une enfant idéale pour retranscrire les onomatopées émises par Koma !

Vous alternez deux types d’animation dans le film : l’animation de marionnettes (en volume) et l’animation de demi-marionnettes (à plat) dans La bataille de Radi-Bo et Caméra à la main.

L’animation de marionnettes dégage une douceur très adaptée aux tout-petits, proche de leur “doudou”. Nous avons aussi rythmé le film par de simples dessins animés, ce qui permet de capter à nouveau l’attention, surtout chez les plus jeunes. Tous les décors ont été faits à la main en miniature... Comme l’histoire se déroule sur plusieurs semaines, nous devions montrer les changements de saison, de météo (la pluie, la neige), de luminosité (en plein air, dans la maison)... ce qui n’est pas si simple. Nous avons beaucoup appris, comme Koma dans De vrais amis.