André Dussollier est Robert

"Je ne pensais pas à l'époque que ce serait possible de faire le film avec lui, qu'il accepterait de tourner avec moi.  C'était plutôt un modèle. Mais j'aimais beaucoup l'idée de proposer à cet acteur dont l'image est assez classique, une histoire un peu décalée. Je crois que le scéna­rio l'a séduit mais il a voulu me rencontrer très vite pour me faire parler et notamment de l'âge du personnage. Il a compris que je ne cherchais pas à le faire passer pour plus jeune qu'il n'était, que précisément ce qui m'intéressait c'est que Robert soit un homme mûr, un homme installé, ayant eu son compte d'échecs et de réussites, un homme ayant connu l'amour.

Lorsque Robert accepte la proposition d'Aïe, il l'accepte en saisissant une vraie chance, voire une dernière chance, même s'il ne se l'avoue pas à lui-même. André était très sensible au ton de comédie du film mais il avait un peu peur de sa dimension d'étrangeté. Je crois qu'il l'a pris comme un challenge. En fait je crois aussi qu'il avait un peu peur que je sois folle."

Hélène Fillières est Aïe

"Je n'ai eu aucune hésitation : j'ai écrit le rôle pour Hélène. Bien sûr, c'est ma sœur et nous sommes très proches, mais il y a dans le personnage même de Aïe l'idée qu'elle joue. Elle joue un rôle, elle joue son fantasme. Peut-être n'est-elle que serveuse peut-être pas... Cela se juxtaposait bien au fait qu'Hélène avait fait plein de petits rôles mais qu'elle rêvait de son rôle principal. On a beaucoup travaillé pour qu'elle compose, je voulais qu'elle trouve une vraie distance, qu'elle ne se repose pas sur le fait que c'était taillé pour elle. Et je ne voulais pas, moi non plus, me reposer sur notre complicité."

Emmanuelle Devos est Claire

"Je ne pensais pas à elle en écrivant... Non. Quoique... Lorsque j'écrivais certains dialogues, c'est elle que j'entendais les dire. J'entendais réellement sa voix, sa diction. Je trouve que c'est une actrice magnifique. Et phy­siquement, elle allait bien à la fois avec André et Hélène. Hélène a quelque chose de très moderne, un physique de bande dessinée, un côté Fantômette. Alors qu'Emmanuelle a quelque chose d'une force de la nature, pour moi elle est résolument et définitivement fémi­nine.

J'avais besoin d'une actrice qui fasse vraiment exister le rôle car c'était le plus mince au scénario. Elle n'avait pas vraiment de scènes "payantes" : c'est juste une fille avec un bébé, qui se débrouille. Elle a donné au personnage une dimension qu'il n'avait pas à l'écriture, une dimension d'héroïne du quotidien. Aïe est un personnage qui veut qu'on s'intéresse à elle, qui fait son intéressante. Claire, en revanche, il fallait que l'on s'intéresse d'emblée vraiment à elle."