Le 2 novembre 2004, au centre ville d'Amsterdam, le réalisateur Theo Van Gogh est assassiné par un islamiste néerlando-marocain alors qu'il circulait à vélo dans le centre d'Amsterdam. Abbattu par balles, il est achevé à coups de couteaux. Provocateur patenté, homme de cinéma et de télévision, et arrière-petit-neveu du peintre Vincent Van Gogh, le réalisateur agé de 47 ans était notamment l'auteur d'un film sur une musulmane mariée de force, violentée par son mari et violée par son oncle, dont la diffusion quelques mois auparavant à la télévision néerlandaise lui avait valu des menaces de mort. Theo Van Gogh avait réalisé Soumission avec Ayaan Hirsi Ali, une réfugiée somalienne naturalisée néerlandaise qui avait fui son pays à la suite d'un mariage arrangé.
Dans la soirée du 2 novembre 2004, quelques milliers de personnes se réunissent sur le Dam, la grande place du centre d'Amsterdam, pour une manifestation dont le mot d'ordre est de faire du bruit. Les manifestants frappent sur des tambours et des casseroles pendant 15 minutes. Certains des participants portent des banderoles sur lesquelles on peut lire: « Les musulmans contre la violence ».
Violemment critiqué quelques années plus tôt par les intellectuels juifs pour ses propos provocateurs vis à vis de la shoah, Theo Van Gogh était un inlassable réfractaire au politiquement correct. Lui qui avait abandonné tout jeune l'école pour se lancer seul dans le cinéma menait un travail original et personnel fait d'indignations et d'intérêt pour la psychologie des humaine
« Quelques mois avant l’assassinat de Theo van Gogh, nous étions en train de travailler sur l’adaptation de Interview, son film à petit budget qui venait de remporter un franc succès aux Pays-Bas, raconte Gijs van de Westelaken, producteur du film. L’adaptation devait se faire en anglais avec des acteurs américains, notre équipe de tournage, et bien sûr son réalisateur, Theo. Après la disparition de Theo, nous avons décidé d’étendre le projet de remake en anglais de Interview à deux autres films 06 et Blind date. Ce projet, la Trilogie Theo van Gogh, rassemble trois de ses films qui ont en commun une focalisation sur deux personnages principaux, un homme et une femme, et sur les relations qui se nouent entre eux. Ils illustrent parfaitement toute la sensibilité de Theo van Gogh. Tous ceux qui vivent une histoire avec quelqu’un trouveront dans ces films quelque chose qui les touchera personnellement, car ils abordent des thèmes universels. Au-delà de la question de la langue, ce sont des histoires humaines, qui ne connaissent pas de frontières. Une partie des recettes de cette trilogie servira à créer un fonds de soutien Theo van Gogh qui aura pour but d’aider les projets de réalisateurs oeuvrant pour la liberté d’expression. »