" Après Bab el-Oued City, mon retour à Alger était devenu momentanément impossible. Pourtant le désir de filmer restait vivace, désir de continuer à témoigner de l’Algérie par tous les moyens. En France, je découvrais chaque jour lors des multiples débats que j’animais, combien il est difficile pour les Français de mesurer l’incroyable distance qui sépare des frères, des cousins qui vivent des deux côtés de la Méditerranée.
Salut Cousin ! est comme une trêve, plus proche de la comédie que du drame, qui est pourtant là, tout près. Alilo est fasciné par Paris, par l’extrême liberté d’agir, de regarder, de toucher, d’aimer. Mais il est d’Alger et au plus profond de lui même, il a bien du mal à envier le sort de son cousin. Passé l’éclat des premières heures, il perçoit de façon juste dans quel univers se débat Mok, dans quel rêve/cauchemar il évolue. Mok fuit la banlieue, la misère, le racisme, le chômage, la petite délinquance. Il se fabrique un monde magique, se projette, invente, slalome entre tous les feux de la réussite parisienne. La réalité têtue ne cesse de le rattraper, réalité de son milieu, de ses échecs.
L’aventure du film a été un incessant va et vient entre l’Algérie et la France. Raconter une histoire qui parle de là-bas et d’ici, mêler des acteurs algériens et français, des professionnels et des amateurs, laisser ma caméra en liberté."
Merzak Allouache