Comment avez-vous réagi à la lecture du scénario ?
Je l’ai trouvé très beau, j’ai aimé cet univers si particulier que les frères Larrieu ont imaginé. Ensuite je les ai rencontrés, j’ai vu leurs films et tout s’est éclairé. Quelque chose me parlait dans leur travail, leur point de vue, ce décalage dans leur façon de filmer par rapport au cinéma dont on a l’habitude en France.
De quoi avez-vous discuté avec Arnaud et Jean-Marie Larrieu avant le tournage ?
On ne s’est pas dit grand’chose. Dans un premier temps je pensais tourner dans leur région, les Pyrénées, et la conversation a tourné autour de cela. Mais ça n’a servi à rien puisque nous avons finalement tourné dans les Alpes ! Par la suite, nous avons navigué autour des choses plus que nous ne les avons abordées, nous n’avons pas évoqué frontalement l’histoire par exemple. Je préfère cela. D’une façon générale, j’ai tendance à faire confiance aux gens, et j’aime bien découvrir. La phase de préparation d’un film ne me concerne pas. Ma partie, c’est de faire tilt quand il faut.
Comment définiriez-vous votre personnage et comment l’avez-vous travaillé ?
J’ai vraiment découvert mon personnage en voyant le film. Avant, je ne savais pas qui il était. Franchement, je n’ai rien travaillé, j’ai joué par rapport au scénario et à mon analyse des situations, en imaginant les réactions naturelles de mon personnage. Je ne fais rien d’autre que d’interpréter. Au bout du compte, je dois dire que je trouve mon personnage plutôt sympathique, réagissant bien, contrôlant ses craintes, ses peurs. Madeleine et lui vivent quelque chose qui est de l’ordre de l’aventure, mais qu’ils savent doser, pour ne pas aller trop loin. C’est ce qui m’a plu dans le film : malgré tout ce qu’ils vivent, rien n’est jamais remis en question dans ce couple, qui semble imperturbable, indestructible. L’un est dans l’action, l’autre dans le repos, les deux vivent une métamorphose physique. On peut y voir un retour à l’adolescence, mais ce n’est pas forcément contrôlé par les acteurs. C’est peut-être ce que Sabine et moi avons voulu mettre inconsciemment dans le film, et qui s’est échappé de nous.
Quel souvenir gardez-vous de cette aventure ?
Je garde une histoire, des gens, des lieux qui donnent envie plus que d’espérer, comme une espèce de Walt Disney de la bonne époque. Quelque chose de simple, d’émouvant, une forme de joie. Ce tournage m’a mis de bonne humeur. Je sortais du film de Michael Haneke, Caché, que j’avais traversé dans une grande tension émotionnelle, et j’ai vécu le tournage de Peindre ou faire l’amour non pas comme des vacances, mais comme un moment privilégié.