" La force du cinéma d’Handagama tient à deux choses au moins : l’incroyable sens du cadre et de la présence humaine (le visage et le corps de ses acteurs sont autant d’événements qui « arrivent » à l’image) et la profonde faculté de restituer le génie d’un lieu ou d’un paysage. Il faut y ajouter des sujets forts, qui évoquent la société où ils prennent racines, sans jamais virer aux films-dossiers.
Il est assez rare que l’on sente la présence d’un cinéaste au bout de trois plans. C’est pourtant ce qui, dans la confusion des formes, les effets de signature et la multiplication des Ôteurs qui règnent aujourd’hui, détermine un cinéma pur.
La plus belle des signatures n’est pas de faire entrer telle séquence dans le musée de sa cinéphilie ou dans les tombeaux de l’académisme, mais bien de rendre singulièrement vivant l’image qui devant nous s’éploie – l’air de rien. C’est tout l’art d’Asoka Handagama, un nom que l’on n’oubliera plus."
Fabien Gaffez (Festival du film d'Amiens)