Sous ses airs de pure comédie, The Outlaws, nouvelle création de (et avec) Stephen Merchant (The Office, version british, d’aucuns diront, la meilleure), révèle un cœur inattendu et une tension, un rythme digne des thrillers les plus haletants. Un mélange des genres à l’image de l'alchimie parfaite entre ses personnages, cette galerie de hors-la-loi du titre, ces marginaux, chacun à leur façon. De l'élégance mystérieuse de Christopher Walken (décidément à l’aise dans la comédie, ici aussi fou que rayonnant, aussi attendrissant que sauvage) à la maladresse désopilante de… Toutes et tous, en réalité. On s'attache à ce groupe hétéroclite, uni malgré lui par la peur et par une logique de survie absurde.



Et c’est justement parce que le pitch est connu, parce que l’histoire est classique et donc solide sur ses appuis, que Merchant, accompagné d’Elgin James (créateur de Mayans M.C, spin off de Sons Of Anarchy), peut huiler et démonter et remonter sans cesse sa mécanique, passer sans gêne du rire franc à l'angoisse palpable, nous étouffer entre l'envie de hurler de honte devant leurs gaffes hallucinantes, et la peur panique qu'ils ne se fassent rattraper par le gang qui veut récupérer son butin. C'est cette oscillation permanente entre comédie de caractère et suspense, qui rend l’ensemble si addictif. D’ailleurs, c’est une série qui ravira autant les fans de Michael Scott que ceux de Jax Teller. Pas un mince exploit.