Comédie musicale sur un air de fin du monde, The End nous confine dans un intérieur recouvert du vernis de la bourgeoisie, qui doucement craquèle pour dévoiler les fragilités morales d’un clan en apparence harmonieux. Ne vous méprenez pas : les fleurs sont en papier, les tableaux des maîtres de l'impressionnisme cachent des fissures qui menacent le foyer de s'écrouler, et les sourires, figés. 


Exercices de survie, déni du réel et entre-soi malsain rythment le premier long-métrage de fiction de Joshua Oppenheimer, porté par un casting tout aussi luxueux. La peur de l'autre adopte les traits hantés de Tilda Swinton, tandis que Georges McKay incarne le fils né sous terre, dont la réalité a été modelée par les mensonges de son père. Habitué des abris souterrains depuis Take Shelter, Michael Shannon livre ici une performance d’une inquiétante étrangeté et d’un calme assourdissant. 

Loin du spectacle flamboyant qui ont fait la gloire des comédies musicales hollywoodiennes, ici les chansons sont les témoins d’une époque immémoriale et portent en elles le souvenir du monde de dehors, qui brûle encore.