Né en 1936, ce conteur avait fait la connaissance, adolescent, des étrangers attirés par la vie exotique dans le port de Tanger. Mohammed Mrabet a, en effet, à peine 16 ans quand il suit un couple d'Américains aux Etats-Unis - une expérience relatée dans le récit Look and Move on (éditions Didier Devillez).

Lorsqu'il revient au Maroc, il doit affronter la pauvreté et surmonter le choc d'avoir navigué d'un monde à l'autre.

Dans Le Citron (chez Christian Bourgois), il explique que fumer du kif lui permet depuis toujours de s'évader d'une réalité trop dure.

Sa rencontre avec l'écrivain Paul Bowles et sa femme est providentielle. Il devient leur chauffeur et leur ami intime. L'auteur d'Un thé au Sahara retranscrit les récits que Mohammed Mrabet lui raconte oralement, assurant bientôt leur diffusion dans les pays anglo-saxons.

Mohammed Mrabet ne sait, en effet, ni lire ni écrire. Il raconte ses histoires en darija – le dialecte marocain – ou en espagnol, tandis que Bowles les transcrit, les traduit et les adapte en anglais.

L'histoire du Café de la plage s'inspire en outre de faits réels : le lieu et son propriétaire, Fouad, ont existé. D'après la légende, Fouad aurait servi du thé au roi Mohammed V, venu incognito.

Le "culte" de Fouad, aujourd'hui décédé, est désormais entretenu par toute sa famille, faisant prospérer son café, devenu l'un des endroits les plus prisés des Tangérois pour boire le thé et fumer.

Un court métrage, en 1998, avait déjà adapté la nouvelle de Mohammed Mrabet : Café de la plage de Mohamed Ulad-Mohand.

Pour adapter cette histoire, le réalisateur a fait appel au comédien-scénariste (et également réalisateur de L'Arrière-pays, notamment), Jacques Nolot. Nous l'avions rencontré en 2010 et celui-ci nous avait présenté très brièvement ce film où il déclarer se trouver très mauvais !  Si mauvais qu'il est bien... Parce que décalé."