Dans le petit monde du chambara (film de samouraïs), le film de seppuku est devenu un sous-genre à part entière. Plusieurs œuvres majeures du cinéma japonais s’y réfèrent explicitement. Mais plus que l’acte en lui-même, ce qui intéresse Yuji Kakizaki, c’est sa portée ritualiste. Chaque vêtement porté, chaque geste exécuté et chaque objet utilisé revêt une importance capitale. C’est dans cette méticulosité apportée à dépeindre chaque étape de l'exécution que Seppuku : l'honneur d’un samouraï tire sa spécificité. Ici, cette pratique du seppuku se théâtralise et se ritualise à l’excès jusqu’à en devenir un véritable art de la mort. Plus qu’une punition, la décapitation, point final de la cérémonie, symbolise la soumission extrême d’un vassal à son maître.
Sous ses airs de grands films classiques influencés par la tradition théâtrale japonaise - la caméra s’attarde sur des regards, amplifie l’attente et capte des moments - se cache une grande modernité. Notamment dans la place accordée à l’entourage de Kyūzō et en particulier à sa femme, Yoshino, personnage centrale et moteur de l’intrigue. Kakizaki montre que la honte n’entache pas seulement le condamné mais également toute sa famille. Il met en lumière la manière dont l’acte entraîne le trépas physique d’un homme mais aussi la mort sociale de son foyer. Une manière de pourfendre l’absurdité d’un système féodal où un accroc sur un arc entraîne la mort d’un homme.
