Vous avez tourné avec des metteurs en scène confirmés tels que Hans-Christian Schmid, Max Fäberböck et Jo Baier. Comment s’est passé le travail sur L’amour et rien d’autre avec le réalisateur débutant Jan Schomburg ?
Le travail avec Jan Schomburg fut un immense plaisir car il était très bien préparé, qu'il a de l'humour et qu'il fait confiance à ses comédiens. En outre, il a une grande intelligence des situations et sait créer une atmosphère de concentration et de respect. Je recommanderais à tous de travailler avec lui.
L'histoire de L’amour et rien d’autre évoque une double vie. L'insécurité d'une telle situation fictive n'a-t-elle pas eu d'incidence sur votre propre perception de la vie et sur la réalité de l'individu ?
Je pars depuis longtemps du principe que je sais peu de choses des gens que je côtoie et je peux donc imaginer tous les scenarii possibles dans lesquels apparaissent n'importe quel type de double vie. C'est la raison pour laquelle j'ai trouvé le script aussi intéressant. Rien n'est jamais certain.
Qui est cette Martha que vous jouez et qu'est-elle en tant que personnage ? Vous reconnaissez-vous dans son caractère et ses actions ?
Martha est une femme peu ordinaire qui prend ce qu'elle veut, que ce soit par défi ou par liberté - vous pouvez l’interpréter comme bon vous semble. Je l'admire parce qu’elle n'abandonne jamais et qu’elle conserve son humour et son ouverture d'esprit même lorsque tout s’écroule autour d'elle.
Qu’en est-il de votre interprétation du personnage et de la perte qu’elle ressent ? Quelle influence ce rôle a-t-il eu sur votre manière particulière de concevoir la mort et le deuil ?
Martha refuse tout simplement de faire son travail de deuil. Elle veut retrouver la vie qu'elle aimait et que son mari décédé a emportée avec lui, mari qui s'avère par ailleurs n'être pas du tout l'homme qu'il prétendait être. Elle se refuse à toute sensiblerie et ne prend pas le temps du recueillement. Le regard de Martha est tourné vers l'avenir.
Je n'ai personnellement connu aucune expérience de deuil. C'est pourquoi j'ai interrogé plusieurs amis. Ce faisant, j’ai remarqué que tous avaient une façon particulière de vivre la perte d’une être cher, qu'il n'y a pour cela ni règles ni conseils à donner. Cela m'a laissé une grande liberté pour interpréter Martha.
Comment s'est déroulée la collaboration avec Felix Knopf et Georg Friederich ? Leurs dates de tournage ne se sont chevauchées qu'une seule journée. Comment vous êtes-vous rapprochée des deux protagonistes et par conséquent de leurs deux rôles ?
Il y a eu au préalable toute une période de préparation intensive pendant laquelle nous avons pu faire tous les ajustements nécessaires. Tous deux sont très différents l’un de l’autre et j'ai énormément profité de notre travail commun. Les scènes avec Georg Friederich, le second compagnon, ont été tournées avant celles où je côtoyais Felix Knopf, le premier conjoint. En conséquence, les éléments de l'histoire, qui se répètent avec Georg, semblaient plus familiers avec Felix. Je ne sais pas si c'était une chose voulue par Jan ou si c’était le fruit du hasard.
L’amour et rien d’autre pose la question d'un grand recommencement possible. Croyez-vous qu'il soit possible que l'être humain puisse recommencer sa vie de manière totalement nouvelle ? Dans qu'elle mesure le film ouvre-t-il une autre perspective, peut-être plus optimiste sur l’idée que la mort est un nouveau départ ?
Je le crois, oui, mais je pense que l'on ne peut pas le provoquer. Cela arrive ou pas. La mort est quoi qu’il en soit toujours un nouveau départ.