Tandis qu'à la sortie d'une boîte de nuit, une jeune femme s'apprête à pratiquer une fellation à Brian, jeune homme hébété par l'abus de drogue. Elmer, l'étron phallique extraterrestre qui sert d'ami au pauvre héros, surgit subitement de sa braguette pour dévorer le cerveau de la malheureuse. Cette scène de Brain Damage (Elmer, le remue-méninges chez nous) est une carte de visite parfaite de la filmographie d'Henenlotter. C'est gore, c'est scabreux et c'est surtout très drôle !
Mais attention ! Il ne faut pas voir dans ces films de simples bricolages gores à l'humour potache. La filmographie d'Henenlotter est hantée par les mêmes thèmes : solitude et dépendance. Qu'elles soient affectives, sexuelles ou liées à la drogue, tous les héros de ses films (des jeunes hommes blancs) sont rongés par des liaisons dangereuses. Quand ce n'est pas un extraterrestre aux vertus psychotropes (Elmer), c'est un frère siamois difforme et cannibale (Frère de sang) ou une copine morte recréée de toute pièce avec des morceaux de prostituées (Frankenhooker).
Mais ces films sont aussi les témoignages d'une époque. Celui d'un New-York révolu. Enfant de la 42ème rue, il filme avec justesse la foule bigarrée de junkies, prostituées, clochards et autres freaks qui peuplaient alors ses trottoirs. Avant que Giulianni "n'assainisse" la ville, il a donc pris le pouls de l'Amérique reaganienne, celle des déclassés que l'explosion de la drogue et la crise économique a contraint à la marginalisation.
Les spectateurs de l'Etrange festival et du Forum des images vont pouvoir, avec bonheur, (re)découvrir sur grand écran ces pépites eighties trop longtemps perçues comme des nanars fauchés.
A noter que chaque séance sera présentée par le réalisateur.
Frères de sang (1982), le vendredi 9 septembre à 19H30 en salle 300
Elmer, le remue-méninges (1988), le vendredi 9 septembre à 21H30 en salle 500
Frères de sang 2 (1990), le dimanche 11 septembre à 20H00 en salle 300
Frankenhooker (1990), le samedi 10 septembre à 21H30 en salle 300