"Trois jours après la chute de Saddam, je suis allé à Bagdad pour présenter Les Chants du pays de ma mère à l'occasion de sa sortie en salle. Au moment où les Supers Puissants envoyaient des armements lourds en Irak, je voulais, symboliquement, y apporter un objet culturel...

Avec la petite caméra DV que j'avais sur moi, j'ai filmé pendant quelques semaines ce que j'avais vu à Bagdad, mais aussi dans les les autres villes. De retour en Iran, je m'interrogeais sur mon acte, et quelques jours plus tard, je décidai d'y retourner et de faire un film à propos de ce qui m'avait dérangé : les terrains minés, les enfants mutilés, les gens égarés, l'insécurité aggravée... On aurait dit que la guerre venait de commencer !Nous avons tourné avec une équipe réduite (j’ai mis trois mois pour obtenir l'autorisation de pouvoir tourner en Irak).

Juste au moment où toutes les chaînes de télévision du monde annonçaient la fin de la guerre, je suis allé réaliser un film dans lequel les super stars n'étaient ni Bush, ni Saddam, ni les autres dictateurs. Ces gens-là ont été les vedettes des médias du monde entier. On ne parlait pas du peuple irakien. Pas une image n'a été consacrée aux Irakiens eux-mêmes. Ces derniers n'étaient que des figurants...

Dans mon film, les figurants, les personnages secondaires sont Bush, Saddam; la population et les enfants des ruelles d'Irak y sont les vedettes. Je voudrais dédier ce film à tous les enfants innocents du monde qui sont victimes de la politique des dictateurs et des fascistesDans ce film, les figurants, les personnages secondaires sont Bush, Saddam; la population et les enfants des ruelles d'Irak y sont les vedettes. je voudrais dédier ce film à tous les enfants innocents du monde qui sont victimes de la politique des dictateurs et des fascistes.

Bahman Ghobadi