" Cinq personnages voyagent sur plus de cent kilomètres, traversent la campagne argentine entre les provinces de Córdoba et San Luis ; des montagnes basses, flanquées de végétation éparse qui ouvrent rapidement sur des champs désertiques, le cours d’une rivière qui encadre cette histoire.
La plupart des images et des idées qui traversent le film trouvent leur origine dans le conflit entre deux mondes : d’un côté, des jeunes hors-la-loi institutionnalisés, et de l’autre ce paysage bucolique, empreint de liberté et d’harmonie. C’est en combinant ces idées et ces images que j’ai conçu mon premier film en tant que réalisateur.
Pour que ce monde prenne vie, j’ai choisi de travailler avec des adolescents amateurs qui avaient un vécu similaire à celui des personnages. J’ai eu le sentiment que leurs visages, leur manière de parler contenaient une vérité plus grande encore que celle que pouvait apporter mon écriture.
Avec une équipe réduite, nous avons effectué un parcours similaire à celui des personnages du film, avec en tête la volonté que notre propre expérience de groupe devienne la finalité de cette aventure.
Les conditions extrêmes de tournage (résultat : cinquante points de suture sur mon bras gauche et une cicatrice au coude), la joie et l’intensité de ces cinq semaines avec toute l’équipe qui s’est lancée dans cette aventure que personne n’aurait pu imaginer, voilà le sujet du film. C’est tout aussi important que l’histoire, les personnages ou la lumière de chaque paysage.
Même si nous avons travaillé avec un scénario solide et une approche formelle claire, j’ai toujours voulu insuffler un souffle de documentaire, quelque chose que seul ce tournage aurait pu apporter.
C’est sans doute l’un des plus grands défis que j’ai eu à relever : combiner des éléments narratifs et une structure de production proche de celle du documentaire, avec une histoire, une fiction dont les thèmes sont la sainteté et la recherche du sacré."
Alejandro Fadel